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La Poésie

La poésie est un moyen pour certains de se libérer d'un poids mais malheureusement peu de gens s'y intéresse. C'est grâce à tous ceux qui intéresse à la poésie qui la font vivre Nous avons aussi un page Facebook pour plus de visibilité.

Tags associés : poesie, citation, grand auteur

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420 posts

05/11/2018

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Articles récents de cette communauté

Alain VEINSTEIN (1942 - ) - Une seule fois, un jour, 1989

Alain VEINSTEIN (1942 - ) - Une seule fois, un jour, 1989

(extrait) Tout près de toi. A combler la distance. Une vie d'efforts soustraite à l'éclat du jour. Depuis combien de temps n'ai-je vu le jour qu'à travers une phrase d'autrefois ? Aujourd'hui comme hier l'air que je respire est fomenté dans la nuit. Je suis cet homme dehors, tout à la nuit, confiant dans la force de ses bras, en danger de ne
Le Désir: Détresse (...)

Le Désir: Détresse (...)

Détresse Seigneur ! Je suis sans pain, sans rêve et sans demeure, Les hommes m’ont chassé parce que je suis nu, Et ces frères en vous ne m’ont pas reconnu Parce que je suis pâle et parce que je pleure. Je les aime pourtant comme c’était écrit Et j’ai connu par eux que la vie est amère, Puisqu’il n’est pas de femme qui veuille ê
Yves MARTIN (1933 - 1999) - Le marcheur, 1972

Yves MARTIN (1933 - 1999) - Le marcheur, 1972

(extrait) La pluie ne se pose pas encore sur n'importe quelle épaule. L'accordéoniste a tourné les cartes. L'aiguiseur de couteaux part avec la femme grondante. Il fait bon préparer le malaise sans faille. Bions de lait. Pianos mécaniques du matin. Les vélos frictionnent. Fleurs maboules. On salue au hasard. On se trompe de porte. Les premier
Jean-Jacques VITON (1933 - L'année du serpent, 1992

Jean-Jacques VITON (1933 - L'année du serpent, 1992

STAR SALEVOA le matin presque toujours il pleut sur les rues une bruine légère la heya est une écurie d'où surgissent les cris les râles les souffles lorsque les lutteurs s'entraînent dans l'odeur d'huile sucrée ils perfectionnent la maîtrise de soi la persévérance l'effort les géants se rincent la bouche recrachent l'eau éparpillent le
Lionel RAY (1935 - ) - Syllabes de sable, 1996

Lionel RAY (1935 - ) - Syllabes de sable, 1996

(extrait) Comme une maison de paroles, fable de pierres qui gravitent autour du coeur lentement et se dissout comme un fil d'ombre, Comme une musique mentale, une voix de sable qui s'éboule, comme un monde qui s'achève quand un autre commence, Le temps nous rêve et nous construit avec chiffres et alphabets, ses lois, ses cartes, ses quatre fleuv
Claude ESTEBAN (1935 - ) - Quelqu'un commence à parler dans une chambre, 1995

Claude ESTEBAN (1935 - ) - Quelqu'un commence à parler dans une chambre, 1995

(extrait) Il pleut très doucement dans un poème et la ville est couchée là tout près comme un bon chien, des choses passent et puis d'autres reviennent il y a des mots qui sont lourds de soleil et qui disent très bien la fourrure secrète d'une femme, et d'autres qui sont pleins de brume jusqu'au réveil il pleut si doucement que c'est peut-
Le désir: Le dernier désir (...)

Le désir: Le dernier désir (...)

LE DERNIER DÉSIR... Ange blond du sommeil qui visites les saints Et fais râler les forts sur ta gorge mordue, O Femme ! qui connais les sûrs poisons qui tuent Et le solaire orgueil d’incendier mes reins ; Toi qui sus dévouer sur de moelleux coussins Ta chair présomptueuse à ma chair morfondue, Lorsque je descendrai dans la nuit inconnue, Je
Jean PEROL (1938 - ) - Morale provisoire, 1978

Jean PEROL (1938 - ) - Morale provisoire, 1978

QUI DANS LEUR CHAIR S'INSCRIVENT Ceux qui prêtent l'oreille à la rumeur du soir contemplent le chuchot des bourgeons aveuglés et l'immobile orgueil du soleil venu choir loin des voix et des murs loin des vois et puis meurs loin des croix et des yeux sur la mer lisse et noire et se disent n'est-ce pas tout l'amour par la mort étranglé n'est-ce
Roger KOWALSKI (1938 - 1976) - L'oiseau, la miséricorde, 1976 (éd. Guy Chambelland)

Roger KOWALSKI (1938 - 1976) - L'oiseau, la miséricorde, 1976 (éd. Guy Chambelland)

(extrait) Tendre sueur où je baigne ma bouche, salive obscure, aucune mer, nulle pluie, ni le verre où tremble un vin noir. Robe, je veille ; en vous l'ombre, véridique, vague, ventre par notre nuit longuement soulevé ; caille, ma lourde où n'est point le vieil âge, terreuse, vivante. Les bêtes rêvent derrière la haie ; quant à moi, visag
Le Désir: Hélène (...)

Le Désir: Hélène (...)

HÉLÈNE... Ceux qui, pour t’avoir reconnue, Auront, jusqu’en songe, exalté Cette image jamais fondue De l’immarcescible beauté ; Ceux qui, d’une rive inconnue, Viendront pour vivre en sa clarté, Et demander à sa chair nue Le gage d’une éternité ; Dévots à sa blancheur de nacre Se diront rois, de par le sacre Qu’elle confère au
Louis ARAGON (1897 - 1982) - Les Adieux, 1997

Louis ARAGON (1897 - 1982) - Les Adieux, 1997

POEME DE NON-AMOUR Couples formés Par le hasard Leur est bizarre Le verbe aimer Amants d'un soir Dieu sait comment Pour un moment Venus s'asseoir Si peu de temps Le coeur en tremble A peine ensemble En se quittant Adieu se dire A demi-mot Déjà comme au Bord de dormir Enfant des nuits Ombres cruelles Dans les ruelles Passez sans bruit
René CHAR (1907 - 1988) - Loin de nos cendres, 1926- 1982

René CHAR (1907 - 1988) - Loin de nos cendres, 1926- 1982

BELLE-ALLIANCE Rapproche la marée de mes mains ; Le ciel gris au vert s'électrise, Les étoiles traîne-sanglot, Ces glisseuses ont voulu leur chance : Haute mer déroulant mon linge, Bas soleil habitant ma mort. Dans les airs au rouge abandon, Le neutre serait-il à l'aise, Ô soleil qui blanchis mon linge !
Le désir: "Avant qu'il n'y ait le monde" (...)

Le désir: "Avant qu'il n'y ait le monde" (...)

Avant qu'il n'y ait le monde... Si je fais mes cils charbonneux Et mes yeux de plus de lumière Et mes lèvres plus écarlates, Demandant à tous les miroirs Si tout est comme je veux Nulle vanité ! Je recherche Le visage qui fut le mien Avant qu'il n'y ait le monde Pourquoi me dire cruelle ? Pourquoi se croire trahi ? Je le veux aimant ce qui fut
Michel DEGUY (1930 - ) - Poèmes II, 1970 - 1980

Michel DEGUY (1930 - ) - Poèmes II, 1970 - 1980

QUI QUOI Il y a longtemps que tu n'existes pas Visage quelquefois célèbre et suffisant Comment je t'aime Je ne sais pas Depuis longtemps Je t'aime avec indifférence Je t'aime à haine Par omission par murmure par lâcheté Avec obstination Contre toute vraisemblance Je t'aime en te perdant pour perdre Ce moi qui refuse d'être des nôtres entra
Jean-Pierre FAYE (1925 - ) - Couleurs pliées, 1965

Jean-Pierre FAYE (1925 - ) - Couleurs pliées, 1965

Dévalant le noir par le noir roulant le cailloutis devant soi abaissant même la dimension au foyer le plus noirci du rond piétinant le point où l'on peut boire où l'on entre le chaud devient froid pour franchir le cercle d'incision écouter le creux au creux du tronc emportant la faim avec le son couché sur la meule de brindille écoutant sé
Robert MARTEAU (1925 - 2011) - Registre, 1999

Robert MARTEAU (1925 - 2011) - Registre, 1999

(extrait) Ne fais pas de ta vie un désert. N'en expulse Ni Dieu ni les divins qui t'ont permis de vivre Un peu plus qu'un instant ici même où tu es Sans que tu saches la raison. Entre les herbes, Le ruisseau brille et nous murmure quelque chose Que nous ne comprenons pas, bien que le chant, comme L'eau, en soit clair. Pas plus, tu ne déchiffres
Bernard MANCIET (1023 - 2005) - Cantas deu Reis/Chants royaux, 1983

Bernard MANCIET (1023 - 2005) - Cantas deu Reis/Chants royaux, 1983

CHANT PREMIER (extrait) Envoi Prince du soir où l'altitude se pourpense, des errants de la nuit, perdus aux déchéances du ciel par ciel errant aux lueurs de ton sang, tout ton corps en tout corps entier désir fulgure de ce brillant comprendre où le pain se déchire.
Andrée CHEDID (1920 - 2011) - Epreuves du vivant, 1983

Andrée CHEDID (1920 - 2011) - Epreuves du vivant, 1983

REGARDER L'ENFANCE Jusqu'aux bords de ta vie Tu porteras ton enfance Ses fables et ses larmes Ses grelots et ses pleurs Tout au long des tes jours Te précède ton enfance Entravant ta marche Ou te frayant chemin Singulier et magique L'oeil de ton enfance Qui détient à sa source L'univers des regards.
Le désir: Les nuits d'une demoiselle (...)

Le désir: Les nuits d'une demoiselle (...)

< J-7: Que c’est bon d’être demoiselle! Caresse-moi dans mon petit lit... Quand les toits de Vénus étincellent, Quand doucement tombe la nuit! Je me fais liker le profil Je me fais bloquer le code pin Je me fais vibrer le sans fil Je me fais bugger la machine Je m’fais exporter le point com Je m’fais démonter le bureau Je m’fais appuy
Alain BOSQUET (1918 - 1998) - Je ne suis pas un poète d'eau douce, 1996

Alain BOSQUET (1918 - 1998) - Je ne suis pas un poète d'eau douce, 1996

L'HERBE Dans la Forêt aux Six Couleuvres, mes bras autour d'un chêne, j'ai hurlé : "Je vais mourir." L'azur m'a répondu : "Moi je m'en moque." Le ruisseau ne s'est pas arrêté et le caillou m'a dit : "Ce n'est pas mon affaire car je suis mort sans m'émouvoir plus de cent fois." La fourmi m'a nargué : "Je ne veux rien comprendre." Une herbe t
Yves BONNEFOY (1923 - 2016) - Pierre écrite, 1965

Yves BONNEFOY (1923 - 2016) - Pierre écrite, 1965

LE MYRTE Parfois je te savais la terre, je buvais Sur tes lèvres l'angoisse des fontaines Quand elle sourd des pierres chaudes, et l'été Dominait haut la pierre heureuse et le buveur. Parfois je te disais de myrte et nous brûlions L'arbre de tous tes gestes tout un jour. C'étaient de grands feux brefs de lumière vestale, Ainsi je t'inventais
Gaston PUEL (1924 - 2013) - carnets de Veilhes III, 199"-1999

Gaston PUEL (1924 - 2013) - carnets de Veilhes III, 199"-1999

VERS L'AVAL Entraînés vers l'aval Nos enfants s'éloignent La rive nous écorche. Personne en amont Sinon des remous, Remords ou regrets. Râle ou gazouillis, L'eau clapote, lente, Mourante, naissante. Menteurs ou frivoles, Nous disons ici Et sommes sans lieu.
Jean MAMBRINO (1923 - 2012) - Le chiffre de la nuit, 1989, éd. Corti

Jean MAMBRINO (1923 - 2012) - Le chiffre de la nuit, 1989, éd. Corti

COMMUNICATION Quelle foudre inflexible a pris ce corps en main, l'a pétri, ravagé d'orages sans pitié ! Ce qui dévaste n'a pas de nom, pas de mains, saisit l'esprit entier. Il faut manger ses cris. Et le corps en douleurs sent le vent de la peur, un vide où rien ne protège plus de la mort, l'espace du rien qui l'angoisse, l'humilie, ne laisse
"Il n'y a pas d'amour heureux" Louis Aragon

"Il n'y a pas d'amour heureux" Louis Aragon

Belle journées à toutes et tous que je vous propose de commencer avec un superbe poème de Louis Aragon "Il n'y a pas d'amour heureux" Lu par Régis Flécheau. http:/www.regisflecheau.com Montage vidéo : Tiamaraa N'hésitez pas à liker la vidéo , si vous aimez biensûre, me laissez un commentaire si vous en avez envie et à vous abonner à ma
Jean TODRANI (1922 - 2006) - L'Inachevé, 1995

Jean TODRANI (1922 - 2006) - L'Inachevé, 1995

(extrait) Je dois maintenant désormais je dois serrer mes lignes que nul n'en sorte. Ne plus refuser le nom et sa voix ne pas recouvrir la pierre reverdie. Loi des heures passant noircies, la parole amputée l'art du silence. Et la peur d'arracher un mot au marbre un soupir à l'ombre un cheveu au sommeil.
Axel TOURSKY (1917 - 1970) - Un drôle d'air, 1963

Axel TOURSKY (1917 - 1970) - Un drôle d'air, 1963

DIX JOURS DE LIT (extraits) Les bruits n'entrent en scène qu'au milieu du désordre. A son aise, le sang cogne dans les cloisons. clouant ses projecteurs, ceinturant d'angles vifs, d'échos, d'éclairs, d'échardes, le désarroi du corps : C'est trop tard ! Les symptômes quittent le dictionnaire et deviennent de chair. La réalité saute le mur d
Mohamed DIB (1920 - 2003) - L'enfant-jazz, 1998

Mohamed DIB (1920 - 2003) - L'enfant-jazz, 1998

L'ECHELLE Il mit le premier pied Sur le premier barreau. Il mit le second pied Sur le second barreau. J'y suis arrivé, Dit-il. Il monta encore. Le soleil se fit proche. Il continua de monter. Ses jambes tremblaient. Lentement il montait. Il n'avait pas peur. Aller plus haut, dit-il.
Gérald NEVEU (1921 - 1960) - Comme les loups vont au désir, 1965

Gérald NEVEU (1921 - 1960) - Comme les loups vont au désir, 1965

DESCENTE Amère ma rosée Sur les bouches tendues N'abandonne pas Ces lumières tremblantes Ni cette densité Où germent la soif la faim Peut-être que dans les poitrines Une rose Veille à la stricte monotonie Des astres Peut-être un chien Un buisson de fenêtres Peut-être Une femme buste lumineux Peut-être une mort Et la descente douce vers l
Anne HEBERT (1916 - 2000) - Le jour n'a d'égal que la nuit, 1992

Anne HEBERT (1916 - 2000) - Le jour n'a d'égal que la nuit, 1992

SOLEIL DERISOIRE Soleil jaune au poing Elle s'appelle Liberté On l'a placée sur la plus haute montagne Qui regarde la ville Et les pigeons gris l'ont souillée Joue après jour Changée en pierre Les plis de son manteau sont immobiles Et ses yeux sont aveugles Sur sa tête superbe une couronne d'épines et de fiente Elle règne sur un peuple de t
Claude ROY (1915 - 1997) - A la lisière du temps, 1984)

Claude ROY (1915 - 1997) - A la lisière du temps, 1984)

L'EAU DISCRETE Une eau glacée qui coule On l'entend sans la voir (La pensée de l'été qui chantonne sous l'herbe) Les toutes petites abeilles noires leur bourdon continu (Le rêve que le soleil fait à bouche fermée) A onze heures en août le monde est transparent Il sera brûlant après la méridienne Une très modeste éternité baigne de cla
Jean MALRIEU (1915 - 1976) - La vallée des Rois, 1968

Jean MALRIEU (1915 - 1976) - La vallée des Rois, 1968

(Extraits) Puisque nous sommes mortels, Puisqu'en nous, déjà, cheminent Les ombres et que le temps montant Comme un gravier s'éboule, Puisque s'élancent à la course D'autres soleils, En nous, pour publier l'instant accompli, Aves les mots et les choses qui les portent Dans la plus grande attention, la nudité De l'âme quand elle s'éveille av
Jacques PREVEL (1915 - 1951) - Poèmes, 1974

Jacques PREVEL (1915 - 1951) - Poèmes, 1974

Dans le temps dans la nuit Je te parlerai Dans le temps dans la nuit je pourrai répondre à voix basse Le seul moment que la vie m'a volé Dans le temps dans la nuit je retrouverai ton visage Et la forme de mon visage Je te parlerai dans le temps je te parlerai dans la nuit J'écarterai enfin l'affreuse douleur de mon silence J'écarterai enfin le
Jacques RABEMANAJARA (1913 - 2005) - Lamba, 1956

Jacques RABEMANAJARA (1913 - 2005) - Lamba, 1956

(extraits) Ta beauté, Charme impair, C'est avant tout le pollen retrouvé dans un coin du verger, les pollens du bel arbre autonome qu'un soir a dépouillé de sa couronne de verdure un brusque vent de neige né du Septentrion. La sève a trop longtemps fermenté sous l'écorce, le levain pour le pain pascal de la Rénovation : Or la glaise même
Henri THOMAS (1912 - 1993) - Signe de vie, 1969

Henri THOMAS (1912 - 1993) - Signe de vie, 1969

CIEL PUR Cet octobre, l'air tranquille est le portique de mes rêves, il me semble que j'achève un ouvrage malhabile, couronné de malheur pâle je suis beau comme une rose, la dernière, l'hivernale, au seuil des métamorphoses. Sous la loque des saisons bat le coeur invulnérable de la chaste déraison, si j'ai peur je suis coupable, chaque jour
Michel FARDOULIS-LAGRANGE (1910 - 1944) - Prairial, 1992

Michel FARDOULIS-LAGRANGE (1910 - 1944) - Prairial, 1992

AQUARELLES V Irions-nous jusqu'au dépliement dernier du ciel ? Alors que de chaos azurés, de troupeaux prestigieux, de hardes ! Tout se module selon nos prévisions, quand nous repérons à marée basse celui qui s'invalide ; en s'éloignant, il épuise l'infini. Pour le rattraper il faudra enjamber le présent.
Georges SCHEHADE (1907 - 1989) - Les Poésies, 1969

Georges SCHEHADE (1907 - 1989) - Les Poésies, 1969

Ma mère voici les armes de mon tombeau Ses cheveux sont trop clairs pour ma passion Revenez revenez hirondelle Doux chant sans visage Son pied est pensif ainsi qu'une chaîne d'esclave Aucune voix de renne n'affaiblira l'été Moi sans bâton ni route Je marche derrière les grands paradis Mais la rose parle dans la maison La sueur est violette au
Vincent VOITURE (1597-1648) - Poésies, 1649

Vincent VOITURE (1597-1648) - Poésies, 1649

SONNET Il faut finir mes jours en l'amour d'Uranie. L'absence ni le temps ne m'en sauraient guérir, Et je ne vois plus rien qui me pût secourir, Ni qui sût rappeler ma liberté bannie. Dès longtemps je connais la rigueur infinie ; Mais, pensant aux beautés pour qui je dois périr, Je bénis mon martyre et, content de mourir, Je n'ose murmurer
Alfred de MUSSET (1810 - 1857) -  Poésies nouvelles

Alfred de MUSSET (1810 - 1857) - Poésies nouvelles

TRISTESSE J'ai perdu m force et ma vie, Et les amis et ma gaieté ; J'ai perdu jusqu'à la fierté Qui faisait croire à mon génie. Quand j'ai connu la Vérité, J'ai cru que c'était une amie ; Quand le l'ai comprise et sentie, J'en étais déjà dégoûté. Et pourtant elle est éternelle, Et ceux qui se sont passé d'elle Ici-bas ont tout ignor
SAINT-AMANT (1594-1661) - Oeuvres poétiques, 1629

SAINT-AMANT (1594-1661) - Oeuvres poétiques, 1629

SONNET Assis sur un fagot, une pipe à la main, Tristement accoudé contre une cheminée, Les yeux fixés vers terre et l'âme mutinée, Je songe aux cruautés de mon sort inhumain. L'espoir, qui me remet du jour au lendemain, Essaye à gagner temps sur ma peine obstinée, Et, me venant promettre une autre destinée, Me fait monter plus haut qu'un
Papillon de LASPHRISE (1555 - 1599) - les Amours de Théophile

Papillon de LASPHRISE (1555 - 1599) - les Amours de Théophile

120 Si la déesse vierge en vertu inégale Chérit Orimalda, cause de son pur bien, Parce qu'il nettit tout, et qu'il n'engendre rien, Voire qu'au fond des mers dans l'Olympe il s'exhale, Pourquoi donc maintenant, sainte Nymphe vestale, N'acceptes-tu mon feu ? d'où vient ton los chrétien ? Je chasse l'infamie, et ne fais Paphien Qu'une excellente
Victor HUGO (1802 - 1885) - Les Rayons et les Ombres

Victor HUGO (1802 - 1885) - Les Rayons et les Ombres

XXXVII J'eus toujours de l'amour pour les choses ailées. Lorsque j'étais enfant, j'allais sous les feuillées, J'y prenais dans les nids de tout petits oiseaux. D'abord je leur faisais des cages de roseaux Où je les élevais parmi des mousses vertes. Plus tard je leur laissais les fenêtres ouvertes. Ils ne s'envolaient point ; ou, s'ils fuyaien
Tristan CORBIERE (1845-1875) - Veneris Dies 13***

Tristan CORBIERE (1845-1875) - Veneris Dies 13***

DUEL AUX CAMELIAS J'ai vu le soleil dur contre les touffes Ferrailler. - J'ai vu deux fers soleiller, Deux fers qui faisaient des parades bouffes ; Des merles en noir regardaient briller. Un monsieur en ligne arrangeait sa manche ; Blanc, il me semblait un gros camélia ; Une autre fleur rose était sur la branche, Rose comme...Et puis un fleuret p
Charles BAUDELAIRE (1821 - 1867) - Les Fleurs du Mal

Charles BAUDELAIRE (1821 - 1867) - Les Fleurs du Mal

XXXIII REMORDS POSTHUME Lorsque tu dormiras ma belle ténébreuse, Au fond d'un monument construit en marbre noir, Et que tu n'auras pour alcôve et manoir Qu'un caveau pluvieux et qu'une fosse creuse ; Quand la pierre opprimant ta poitrine peureuse Et tes flancs qu'assouplit un charmant nonchaloir, Empêchera ton coeur de battre et de vouloir, Et
Marceline DESBORDES-VAMORE (1786-1859) - Poésies

Marceline DESBORDES-VAMORE (1786-1859) - Poésies

ELEGIE Peut-être un jour sa voix tendre et voilée M'appellera sous de jeunes cyprès : Cachée alors au fond de la vallée, Plus heureuse que lui, j'entendrai ses regrets. Lentement des coteaux je le verrai descendre. Quand il croira ses pas et ses voeux superflus, Il pleurera ! ses pleurs rafraîchiront ma cendre : Enchaînée à ses pieds, je n
Alfred de MUSSET (1810 - 1857) -  Poésies nouvelles

Alfred de MUSSET (1810 - 1857) - Poésies nouvelles

LA NUIT DE MAI (extrait) (La Muse) Poète, prends ton luth et me donne un baiser ; La fleur de l'églantier sent ses bourgeons éclore, Le printemps naît ce soir ; les vents vont s'embraser ; *Et la bergeronnette, en attendant l'aurore, Aux premiers buissons verts commence à se poser. Poète, prends ton luth et me donne un baiser.
Alfred DE VIGNY (1797 - 1863) - Poésies (1843)

Alfred DE VIGNY (1797 - 1863) - Poésies (1843)

LA MORT DU LOUP II J'ai reposé mon front sur mon fusil sans poudre, Me prenant à penser, et n'ai pu me résoudre A poursuivre sa Louve et ses fils qui, tous trois, Avaient voulu l'attendre, et, comme je le crois, Sans ses deux Louveteaux la belle et sombre veuve Ne l'eût pas laissé seul subir la grande épreuve ; Mais son devoir était de les s
Charles d'ORLEANS (1394 - 1465) - Rondeaux

Charles d'ORLEANS (1394 - 1465) - Rondeaux

PUISQUE TU T'EN VAS Puisque tu t'en vas, Penser, en message, Si tu fais que sage, Ne t'égare pas. Au mieux que pourras, Prends le sûr passage, Puisque tu t'en vas, Penser, en message. Tout beau, pas à pas, Refrains ton courage, Qu'en si long voyage Ne deviennes las, Puisque tu t'en vas.
Frédérique BERNARD - Le temps, pensées vagabondes, éd. Edinter, 2013

Frédérique BERNARD - Le temps, pensées vagabondes, éd. Edinter, 2013

AEDE Tu chemines au gré des vents de ton chant vagabond cithare échevelée foulant l'argile Poète des oiseaux et des muses la première feuille d'automne emporte les mots conteurs d'amour et de voyages Tes grands yeux sombres au-delà des confins écrivent les vers d'une Odyssée lointaine Aède dans l'antique Grèce de cithares en guitares égr
Gérard de NERVAL (1808 - 1855) - Odelettes, 1852

Gérard de NERVAL (1808 - 1855) - Odelettes, 1852

UNE ALLEE DU LUXEMBOURG Elle a passé, la jeune fille Vive et preste comme un oiseau : A la main une fleur qui brille, A la bouche un refrain nouveau. C'est peut-être la seule au monde Dont le coeur au mien répondrait, Qui venant dans ma nuit profonde D'un seul regard l'éclaircirait ! Masi non, - ma jeunesse est finie... Adieu, doux rayon qui m'
                                  Hugo avait « Didi »

Hugo avait « Didi »

Qui n’a pas encore en mémoire, le fabuleux poème de Victor Hugo : “Demain dès l’aube” dans lequel on a l’impression tout à fait au début, qu’il s’agit d’un amoureux qui a rendez-vous avec sa bien-aimée ? (“je sais que tu m’attends”, “je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps”) écrivait-il. En fait, il devait al
Charles CROS (1842 - 1888) - Poésies

Charles CROS (1842 - 1888) - Poésies

LE BUT Le long des peupliers, je marche, le front nu, Poitrine au vent, les yeux flagellés par la pluie. Je m'avance hagard vers le but inconnu. Le printemps a des fleurs dont le parfum m'ennuie, L'été promet, l'automne offre ses fruits, d'aspects Irritants ; l'hiver blanc, même est sali de suie. Que les corbeaux, trouant mon ventre de leurs be
Guillaume APOLLINAIRE - Alcools, 1969, éd. Gallimard

Guillaume APOLLINAIRE - Alcools, 1969, éd. Gallimard

CLOTILDE L'anémone et l'ancolie Ont poussé dans le jardin Où dort la mélancolie Entre l'amour et le dédain Il y vient aussi nos ombres Que la nuit dissipera Le soleil qui les rend sombres Avec elles disparaîtra Les déités des eaux vives Laissent couler leurs cheveux Passe il faut que tu poursuives Cette belle ombre que tu veux
Jules SUPERVIELLE (1884 - 1960) - Les Amis inconnus

Jules SUPERVIELLE (1884 - 1960) - Les Amis inconnus

LES CHEVAUX DU TEMPS Quand les chevaux du Temps s'arrêtent à ma porte J'hésite un peu toujours à les regarder boire Puisque c'est de mon sang qu'ils étanchent leur soif. Ils tournent vers ma face un oeil reconnaissant Pendant que leurs longs traits m'emplissent de faiblesse Et me laissent si las, si seul et décevant Qu'une nuit passagère env
Victor HUGO (1802 - 1885) - Les Feuilles d'automne

Victor HUGO (1802 - 1885) - Les Feuilles d'automne

SOLEILS COUCHANTS VI Le soleil s'est couché ce soir dans les nuées. Demain viendra l'orage, et le soir, et la nuit ; Puis l'aube, et ses clartés de vapeurs obstruées ; Puis les nuits, puis les jours, pas du temps qui s'enfuit ! Tous ces jours passeront ; ils passeront en foule Sur la face des mers, sur la face des monts, Sur les fleuves d'argen
Clément MAROT (1496 - 1544) - Les Epigrammes L III

Clément MAROT (1496 - 1544) - Les Epigrammes L III

HUICTAIN Plus ne suis ce que j'ai été, Et ne le saurais jamais être. Mon beau printemps et mon été, Ont fait le saut par la fenêtre. Amour, tu as été mon maître, Je t'ai servi sur tous les Dieux. Ô, si je pouvais deux fois naître, Comme je te servirais mieux !
André-Ferdinand HEROLD - 1865 - 1940 - Intermède Pastoral, 1896

André-Ferdinand HEROLD - 1865 - 1940 - Intermède Pastoral, 1896

LE VAL HARMONIEUX C'est un val odorant de lauriers, où la lune Fait traîner et mourir sa caresse d'argent, Tandis qu'au ciel, gai d'un crépuscule changeant, Les sidérales fleurs s'ouvrent une à une. Là sourd et s'agrandit, parmi l'herbe opportune, Une fontaine dont la Naïade, nageant, Rit, et charmeuse, endort d'un murmure indulgent La Satyr