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La Poésie

La poésie est un moyen pour certains de se libérer d'un poids mais malheureusement peu de gens s'y intéresse. C'est grâce à tous ceux qui intéresse à la poésie qui la font vivre Nous avons aussi un page Facebook pour plus de visibilité.

Tags associés : poesie, citation, grand auteur

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420 posts

05/11/2018

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Articles récents de cette communauté

Paul VERLAINE (1844 - 1896) - Romances sans paroles (1874)

Paul VERLAINE (1844 - 1896) - Romances sans paroles (1874)

Il pleut doucement sur la ville. Arthur Rimbaud Il pleure dans mon coeur Comme il pleut sur la ville ; Quelle est cette langueur Qui pénètre mon coeur ? O bruit doux de la pluie Par terre et sur les toits ! Pour un coeur qui s'ennuie O le chant de la pluie ! Il pleure sans raison Dans ce coeur qui s'écoeure. Quoi ! nulle trahison ?... Ce deuil e
Jean de LA FONTAINE (1621 - 1695) - Poésies

Jean de LA FONTAINE (1621 - 1695) - Poésies

LES AMOUIRS DE PSYCHE Volupté, Volupté, qui fut jadis maîtresse Du plus bel esprit de la Grèce, Ne me dédaigne pas, viens-t'en loger chez moi ; Tu n'y seras pas sans emploi. J'aime le jeu, l'amour, les livres, la musique, La ville et la campagne, enfin tout ; il n'est rien Qui ne me soit souverain bien, Jusqu'au sombre plaisir d'un coeur méla
Paul ELUARD (1895 - 1952) - Mourir de ne pas mourir (Capitale de la Douleur, 1926)

Paul ELUARD (1895 - 1952) - Mourir de ne pas mourir (Capitale de la Douleur, 1926)

L'AMOUREUSE Elle est debout sur mes paupières Et ses cheveux sont dans les miens, Elle a la forme de mes mains, Elle a la couleur de mes yeux, Elle s'engloutit dans mon ombre Comme une pierre sur le ciel. Elle a toujours les yeux ouverts Et ne me laisse pas dormir. Ses rêves en pleine lumière Font s'évaporer les soleils, Me font rire, pleurer e
Henri MICHAUX (1899 - 1984) - Plume, 1938

Henri MICHAUX (1899 - 1984) - Plume, 1938

REPOS DANS LE MALHEUR Le Malheur, mon grand laboureur, Le Malheur, assois-toi, Repose-toi, Reposons-nous un peu toi et moi, Repose, Tu me trouves, tu m'éprouves, tu me le prouves. Je suis ta ruine. Mon grand théâtre, mon havre, mon âtre Ma cave d'or, Mon avenir, ma vraie mère, mon horizon. Dans ta lumière, dans ton ampleur, dans mon horreur,
René CHAR (1907 - 1988) - Fureur et Mystère, 1962

René CHAR (1907 - 1988) - Fureur et Mystère, 1962

EVADNE L'été et notre vie étions d'un seul tenant La campagne mangeait la couleur de ta jupe odorante Avidité et contrainte s'étaient réconciliées Le château de Maubec s'enfonçait dans l'argile Bientôt s'effondrerait le roulis de sa lyre La violence des plantes nous faisait vaciller Un corbeau rameur sombre déviant de l'escadre Sur le mu
Robert DESNOS (1900 - 1945) - Etats de veille, 1943-1944

Robert DESNOS (1900 - 1945) - Etats de veille, 1943-1944

DEMAIN Agé de cent mille ans, j'aurais encor la force De t'attendre, ô demain pressenti par l'espoir. Le temps, vieillard souffrant de multiples entorses, Peut gémir : le matin est neuf, neuf est le soir. Mais depuis trop de mois nous vivons à la veille, Nous veillons, nous gardons la lumière et le feu, Nous parlons à voix basse et nous tendo
Paul-Jean TOULET (1867 - 1920) - Les Contrerimes

Paul-Jean TOULET (1867 - 1920) - Les Contrerimes

AINSI, CE CHEMIN DE NUAGE... Ainsi, ce chemin de nuage, Vous ne le prendrez point, D'où j'ai vu me sourire au loin Votre brillant mirage ? Le soir d'or sur les étangs bleus D'une étrange savane, Où pleut la fleur de frangipane, N'éblouira vos yeux ; Ni les feux de la luciole Dans cette épaisse nuit Que tout à coup perce l'ennui D'un tigre qu
Arthur RIMBAUD (1854 - 1891) - Poésies (1870)

Arthur RIMBAUD (1854 - 1891) - Poésies (1870)

SENSATION Par les soirs bleus d'été, j'irai dans les sentiers, Picoté par les blés, fouler l'herbe menue : Rêveur, j'en sentirai la fraîcheur à mes pieds. Je laisserai le vent baigner ma tête nue. Je ne parlerai pas, je ne penserai rien : Mais l'amour infini me montera dans l'âme, Et j'irai loin, bien loin, comme un bohémien, Par la Natur
Pierre de MARBEUF (1596 - 1635) - Poésies

Pierre de MARBEUF (1596 - 1635) - Poésies

ET LA MER ET L'AMOUR... Et la mer et l'amour ont l'amer pour partage, Et la mer est amère, et l'amour est amer, L'on s'abîme en l'amour aussi bien qu'en la mer Car la mer et l'amour ne sont point sans orage. Celui qui craint les eaux, qu'il demeure au rivage, Celui qui craint les maux qu'on souffre pour aimer Qu'il ne se laisse pas à l'amour enf
La mésange

La mésange

Poème de Guillaume Apollinaire lu par Régis Flécheau. La mésange, Les soldats s'en vont lentement Dans la nuit trouble de la ville. Entends battre mon cœur d...
Stéphane MALLARME (1842 - 1898) - Poésies, 1899

Stéphane MALLARME (1842 - 1898) - Poésies, 1899

TRISTESSE D'ETE Le soleil, sur le sable, ô lutteuse endormie, En l'or de tes cheveux chauffe un bain langoureux Et, consumant l'encens sur ta joue ennemie, Il mêle avec les pleurs un breuvage amoureux. De ce blanc flamboiement l'immuable accalmie T'a fait dire, attristée, ô mes baisers, peureux, "Nous ne serons jamais une seule momie Sous l'ant
Valéry LARBAUD (1881 - 1957) - Poésies de A.O. Barnabooth, 1913

Valéry LARBAUD (1881 - 1957) - Poésies de A.O. Barnabooth, 1913

MERS-EL-KEBIR J'aime ce village, où sous les orangers, Sans se voir, deux jeunes filles se disent leurs amours Sur deux infiniment plaintives mandolines. Et j'aime cette auberge, car les servantes, dans la cour, Chantent dans la douceur du soir cet air si doux De la "Paloma". Ecoutez la paloma qui bat de l'aile... Désir de mon village à moi, si
André FRENAUD (1907 - 1993) - Soleil irréductible (1943 - 1959)

André FRENAUD (1907 - 1993) - Soleil irréductible (1943 - 1959)

LA VIE DANS LE TEMPS Les secondes, pas à pas inaccessibles - Les minutes se pressaient, toujours trop longues - les heures, l'une après l'autre mal aimées - L'an neuf, en allé sans remplir les vieux - le jour accompli, le coeur tourne encore - Le sommeil, au matin miroir interdit - L'instant n'a pas lui où nous aurions pu - Notre vie, infranch
Paul VALERY (1871 - 1945) - Charmes, 1922

Paul VALERY (1871 - 1945) - Charmes, 1922

LE VIN PERDU J'ai quelque jour, dans l'Océan (Mais je ne sais plus sous quels cieux) Jeté comme offrande au néant Tout un peu de vin précieux... Qui voulut ta perte, ô liqueur ? J'obéis peut-être au devin ? Peut-être au souci de mon coeur, Songeant au sang, versant le vin ? Sa transparence accoutumée Après une rose fumée Reprit aussi pur
Alphonse de LAMARTINE (1790 - 1869) - Nouvelles méditations poétiques,  1823

Alphonse de LAMARTINE (1790 - 1869) - Nouvelles méditations poétiques, 1823

V - LE PAPILLON Naître avec le printemps, mourir avec les roses, Sur l'aile du zéphyr nager dans un ciel pur, Balancé sur le sein des fleurs à peine écloses, S'enivrer de parfums, de lumière et d'azur, Secouant, jeune encor, la poudre de ses ailes, S'envoler comme un souffle aux voûtes éternelles, Voilà du papillon le destin enchanté ! Il
Jean TARDIEU (1903 - 1995) - L'espace et la flûte, 1958

Jean TARDIEU (1903 - 1995) - L'espace et la flûte, 1958

(Variations sur douze dessins de Picasso) EPILOGUE II Mon théâtre sans ombre cette flûte qui parle ma vie au grand complet pour vous pour vous connaître il me suffit du jour (le vent sur mes prairies pâlit les noirs pavots échappés de l'enfer) Elle existe la joie sans arme elle demeure depuis les premiers temps elle est là pour nous tous el
Jean-Pierre DUPREY (1930 - 1959) - La fin et la manière, 1965

Jean-Pierre DUPREY (1930 - 1959) - La fin et la manière, 1965

PREMIERE NUIT Quatre murs sont aussi sourds qu'un critère Et le cri est pouvoir à ceux qui se terrent. Il est des toits comme une soie Pour cacher un visage et des os ; Dessus, le ciel mange ses oiseaux Et chiffrera quand même é=zéro. Une mémoire dans une tombe, Un soir trouvera le poids Qu'il fallait pour que le pont tombe Et que la voix bas
SAINT-JOHN PERSE (1887-1975) - Amers, 1957

SAINT-JOHN PERSE (1887-1975) - Amers, 1957

Amers VIII (extraits) Etranger, dont la voile a si longtemps longé nos côtes, (et l'on entend parfois de nuit le cri de tes poulies), Nous diras-tu quel est ton mal, et qui te porte, un soir de plus grande tiédeur, à prendre pied parmi nous sur la terre coutumière ? *** "Aux baies de marbre noir striées de blanches couvaisons La voile fut de
Pierre-Jean JOUVE (1887 - 1976) - Diadème, 1949

Pierre-Jean JOUVE (1887 - 1976) - Diadème, 1949

AUTRE DIADEME Ame du Prince et vers le soir Que le dernier soupir t'embrase Choses baisers défaites - noir Projet ; tu mourras si la phrase Affreuse n'est pas dans le feu De ce qui n'est jamais, brûlée Consommée, et par profond jeu Absente au sens absente ailée Sors de ta tombe spacieuse Où mille couples font l'espoir Par une touche malheureu
Paul-Jean TOULET (1867 - 1920) - Les Contrerimes

Paul-Jean TOULET (1867 - 1920) - Les Contrerimes

Les Contrerimes XIV. Le coucou chante au bois qui dort L'aurore est rouge encore, Et le vieux paon qu'Iris décore Jette au loin son cri d'or. Les colombes de ma cousine Pleurent comme une enfant. Le dindon roue en s'esclaffant : Il court à la cuisine.
Yves BONNEFOY (1923 - 2016) - Hier régnant désert, 1958

Yves BONNEFOY (1923 - 2016) - Hier régnant désert, 1958

A UNE TERRE D'AUBE Aube, fille des larmes, rétablis La chambre dans sa paix de chose grise Et le coeur dans son ordre. Tant de nuit Demandait à ce feu qu'il décline et s'achève, Il nous faut bien veiller près du visage mort, A peine a-t-il changé... Le navire des lampes Entrera-t-il au port qu'il avait demandé, Sur les tables d'ici la flamme
Philippe JACCOTTET (1925 - ) - Airs, 1961 - 1964

Philippe JACCOTTET (1925 - ) - Airs, 1961 - 1964

AU DERNIER QUART DE LA NUIT Hors de la chambre de la belle rose de braise, de baisers le fuyard du doigt désignait Orion, l'Ourse, l'Ombelle à l'ombre qui l'accompagnait Puis de nouveau dans la lumière, par la lumière même usé, à travers le jour vers la terre cette course de tourterelles Là où la terre s'achève levée au plus près de l'a
Antonin ARTAUD (1896 - 1948) - L'Ombilic des limbes, 1925

Antonin ARTAUD (1896 - 1948) - L'Ombilic des limbes, 1925

POETE NOIR Poète noir, un sein de pucelle te hante, poète aigri, la vie bout et la ville brûle, et le ciel se résorbe en pluie, ta plume gratte au coeur de la vie. Forêt, forêt, des yeux fourmillent sur les pignons multipliés ; cheveux d'orage, les poètes enfourchent des chevaux, des chiens. Les yeux ragent, les langues tournent le ciel aff
Urbin et Huguenin

Urbin et Huguenin

Pour ceux qui les ont connus, ces deux noms sont indissociables : on ne peut pas parler de l’un, sans que l’autre ne vienne à l’esprit. Je n’ai pas souvenance dans les discussions que quelqu’un ait cité le premier, sans lui adjoindre le second. Comme je ne me rappelle pas les avoir entendus dans un ordre différent, c’est toujours Urb
Paul ELUARD (1895 - 1952) - la Vie immédiate, 1932

Paul ELUARD (1895 - 1952) - la Vie immédiate, 1932

NUSCH Les sentiments apparents Le légèreté d'approche La chevelure des caresses. Sans soucis sans soupçons Tes yeux sont livrés à ce qu'ils voient Vus par ce qu'ils regardent. Confiance de cristal Entre deux miroirs La nuit tes yeux se perdent Pour joindre l'éveil au désir.
René CHAR (1907 - 1988) - Eloge d'une soupçonnée, 1973-1987 - Chants de la Balandrane

René CHAR (1907 - 1988) - Eloge d'une soupçonnée, 1973-1987 - Chants de la Balandrane

La flûte et le billot, II VENATIO Le froid court de place en place Lorsque les fusils flamboyants Attendent pour se fiancer Une perte de clairvoyance, Plus d'aériens avirons ! Devant les ailes de la grive Le chêne vert bientôt se ferme. Au seul horizon abaissé : Naissances obscures sur la terre. L'hiver, tu sais, a deux besaces, L'une devant,
Tristan CORBIERE (1845 - 1875) - Les Amours jaunes, 1873

Tristan CORBIERE (1845 - 1875) - Les Amours jaunes, 1873

LE MOUSSE Mousse : il est donc marin, ton père ?... - Pêcheur. Perdu depuis longtemps. En découchant d'avec ma mère, Il a couché dans les brisants... Maman lui garde au cimetière Une tombe - et rien dedans - C'est moi son mari sur la terre, Pour gagner du pain aux enfants. Deux petits. - Alors, sur la plage, Rien n'est revenu du naufrage ?...
Paul VERLAINE (1844 - 1896) - Poèmes Saturniens (1866)

Paul VERLAINE (1844 - 1896) - Poèmes Saturniens (1866)

L'HEURE DU BERGER La lune est rouge au brumeux horizon ; Dans un brouillard qui danse, la prairie S'endort fumeuse, et la grenouille crie Par les joncs verts où circule un frisson ; Les fleurs des eaux referment leurs corolles ; Des peupliers profilent aux lointains, Droits et serrés, leurs spectres incertains ; Vers les buissons errent les lucio
Charles BAUDELAIRE (1821 - 1867) - Les Fleurs du Mal

Charles BAUDELAIRE (1821 - 1867) - Les Fleurs du Mal

CVIII - LE VIN DES AMANTS Aujourd'hui l'espace est splendide ! Sans mors, sans éperons, sans bride, Partons à cheval sur le vin Pour un ciel féerique et divin ! Comme deux anges que torture Une implacable calenture, Dans le bleu cristal du matin Suivons le mirage lointain ! Mollement balancés sur l'aile Du tourbillon intelligent, Dans un délir
Laurent DRELINCOURT (1626 - 1681) - Sonnets chrétiens, 1677

Laurent DRELINCOURT (1626 - 1681) - Sonnets chrétiens, 1677

SONNET XXIII - SUR L'ARC-EN-CIEL Le bel astre du jour dans le sein de l'orage Nous forme tout-à-coup ce lumineux tableau, Et, tout-à-coup, aussi, le couvrant d'un rideau, Il dérobe à nos yeux son inconstant ouvrage. De ce peintre brillant, la toile est le nuage ; Ses rayons réfléchis lui servent de pinceau ; Il prend pour ses couleurs, l'or,
Gérard de NERVAL (1808 - 1855) - Odelettes, 1852

Gérard de NERVAL (1808 - 1855) - Odelettes, 1852

FANTAISIE Il est un air pour qui je donnerais Tout Rossini, tout Mozart et tout Weber, Un air très vieux, languissant et funèbre, Qui pour moi seul a des charmes secrets ! Or, chaque fois que je viens à l'entendre, De deux cents ans mon âme rajeunit... C'est sous Louis treize ; et je crois voir s'étendre Un coteau vert, que le couchant jaunit,
Alfred DE MUSSET (1810 - 1857) - Premières poésies, 1831

Alfred DE MUSSET (1810 - 1857) - Premières poésies, 1831

CHANSON J'ai dit à mon coeur, à mon faible coeur : N'est-ce point assez d'aimer sa maîtresse ? Et ne vois-tu pas que changer sans cesse, C'est perdre en désirs le temps du bonheur ? Il m'a répondu : Ce n'est point assez, Ce n'est point assez d'aimer sa maîtresse ; Et ne vois-tu pas que changer sans cesse Nous rend doux et chers les plaisirs p
Alfred DE VIGNY (1797 - 1863) - Destinées (1864)

Alfred DE VIGNY (1797 - 1863) - Destinées (1864)

LE SILENCE S'il est vrai qu'au Jardin sacré des Ecritures, Le Fils de l'Homme ait dit ce qu'on voit rapporté ; Muet, aveugle et sourd au cri des créatures, Si le Ciel nous laissa comme un monde avorté, Le juste opposera le dédain à l'absence Et ne répondra plus que par un froid silence Au silence éternel de la Divinité. 2 avril 1862
Jules LAFORGUE (1860 - 1887) - L'imitation de Notre-Dame la Lune, 1886

Jules LAFORGUE (1860 - 1887) - L'imitation de Notre-Dame la Lune, 1886

LUNES EN DETRESSE Vous voyez, la lune chevauche Les nuages noirs à tous crins, Cependant que le vent embouche Ses trente-six mille buccins ! Adieu, petits coeurs benjamins Choyés comme Jésus en crèche, Qui vous vantiez d'être orphelins Pour avoir toute la brioche ! Partez dans le vent qui se fâche, Sous la Lune sans lendemains, Cherchez la p
Charles CROS (1842 - 1888) - Le coffret de santal (1873)

Charles CROS (1842 - 1888) - Le coffret de santal (1873)

SOIR ETERNEL Dans le parc, les oiseaux se querellent entre eux, Après la promenade en de sombres allées, On rentre ; on mange ensemble, et tant de voix mêlées N'empêchant pas les doux regards, furtifs, heureux. Et la chambre drapée en tulle vaporeux Rose de la lueur des veilleuses voilées, Où ne sonnent jamais les heures désolées !... Par
Jean TARDIEU (1903 - 1995) - La part de l'ombre, 1937- 1967

Jean TARDIEU (1903 - 1995) - La part de l'ombre, 1937- 1967

L'HOMME ET SON OMBRE La déroute des idoles n'a pas étouffé en nous le désir de construite quelques êtres démesurés, étran- gers à la raison, capables de contenir toutes nos craintes, et, en même temps, de nous conduire aux portes d'un empire incorruptible, paré des augustes prestiges de l'impersonnalité. Mais, par un bizarre paradoxe, p
Tristan TZARA (1896 - 1920) - Où boivent les loups, 1968

Tristan TZARA (1896 - 1920) - Où boivent les loups, 1968

LE PUISATIER DES REGARDS V le visage penché de la belle chercheuse se reflète dans la flamme où vécut la splendeur des ferventes attaches et des sorts enlacés aux enfants des rafales par nos cris mis à nu depuis qu'en nos nuits les maisons ont vieilli dans les parcs dessèchés dans les feuilles de braise dans l'essaim des perpétuels souveni
Paul ELUARD (1895 - 1952) - l'Amour la poésie, 1929

Paul ELUARD (1895 - 1952) - l'Amour la poésie, 1929

MON AMOUR Mon amour pour avoir figuré mes désirs Mis tes lèvres au ciel de tes mots comme un astre Tes baisers dans la nuit vivante Et le sillage de tes bras autour de moi Comme une flamme en signe de conquête Mes rêves sont au mode Clairs et perpétuels. Et quand tu n'es pas là Je rêve que je dors je rêve que je rêve.
Théophile GAUTIER (1811 - 1872) - Emaux et camées, 1852

Théophile GAUTIER (1811 - 1872) - Emaux et camées, 1852

FANTAISIES D'HIVER V Sous le voile qui vous protège, Défiant les regards jaloux, Si vous sortez par cette neige, Redoutez vos pieds andalous ; La neige saisit comme un moule L'empreinte de ce pied mignon Qui, sur le tapis blanc qu'il foule, Signe, à chaque pas, votre nom. Ainsi guidé, l'époux morose Peut parvenir au nid caché Où, de froid la
Cette lueur ardente

Cette lueur ardente

Quand nos cœurs se touchent comme le font nos corps Quand tu vois mon image au moment où tu dors Que ce soit à minuit, que ce soit à l’aurore C’est la preuve par deux que l’amour est plus fort Je l’ai toujours compris, j’en étais même sûr Je savais que ce lien est un sentiment pur Remercions le ciel qui nous a réunis Devant la por
Philippe DESPORTES (1546 - 1606) - Les Première Oeuvres, Deuxième livre, 1573

Philippe DESPORTES (1546 - 1606) - Les Première Oeuvres, Deuxième livre, 1573

LES AMOURS DE DIANE Chaste soeur d'Apollon, dont je suis éclairé Le jour comme le nuit, déité redoutable Que la force d'Amour a connue indomptable, Amour des autres dieux tant craint et révéré, Vois ce pauvre Actéon sans pitié dévoré, Par ses propres pensers, d'une rage incroyable, Pour avoir trop offensé, d'erreur trop excusable, Si le
Victor HUGO (1802 - 1885) - Les Contemplations

Victor HUGO (1802 - 1885) - Les Contemplations

XXI Il lui disait : "Vois-tu, si tous deux nous pouvions, L'âme pleine de foi, le coeur plein de rayons, Ivre de douce extase et de mélancolie, Rompre les mille noeuds dont la ville nous lie ; Si nous pouvions quitter ce Paris triste et fou, Nous fuirions ; nous irions quelque part, n'importe où, Chercher, loin des vains bruits, loin des haines
Benjamin PERET (1899 - 1959) - Le Passager-du-transatlantique, 1921

Benjamin PERET (1899 - 1959) - Le Passager-du-transatlantique, 1921

HOMME DE QUART, HOMME DE DEMI Mystère de l'homme ou réciproquement Pour expliquer que faut-il Deux hommes et trois poissons C'est un mystère Pour diminuer que faut-il Etre sûr de son âge C'est un mystère Pour augmenter que faut-il Marcher ou descendre ou monter C'est un mystère Terre
Tristan L'HERMITE (1601 - 1655) - Les Amours, 1638

Tristan L'HERMITE (1601 - 1655) - Les Amours, 1638

A DES CIMETIERES Séjour mélancolique, où les ombres dolentes Se plaignent chaque Nuit de leur adversité Et murmurent toujours de la nécessité Qui les contraint d'errer par les tombes relentes. Ossements entassés, et vous, pierres parlantes Qui conservez les noms à la Postérité, Représentant la vie et sa fragilité Pour censurer l'orgueil
Pierre LOUYS (1870 - 1925) - Poésies (1927

Pierre LOUYS (1870 - 1925) - Poésies (1927

CHRYSIS Quelle palleur dépourpre ce sein beau Qui per à per combat avec l'aurore ? Ronsard De l'or crespé couleur coucou Voit-on que la mer s'exténue Pour ce frisson d'albe ombre nue Pantelante et qui se découd ? Surent jamais les dents jusqu'où L'experte flamme s'insinue ? Les ongles d'or l'ont-ils connue La paix des bras autour du cou ? Et
SULLY PRUDHOMME (1839 - 1907) - Stances et Poèmes, 1865

SULLY PRUDHOMME (1839 - 1907) - Stances et Poèmes, 1865

LES YEUX Bleus ou noirs, tous aimés, tous beaux, Des yeux sans nombre ont vu l'aurore ; Ils dorment au fond des tombeaux, Et le soleil se lève encore. Les nuits plus douces que les jours Ont enchanté des yeux sans nombre ; Les étoiles brillent toujours Mais les yeux se sont remplis d'ombre. Oh! qu'ils aient perdu le regard, Non, non, cela n'est
Victor SEGALEN (1878 - 1919) - Stèles, 1973

Victor SEGALEN (1878 - 1919) - Stèles, 1973

STELE AU DESIR La cime haute a défié ton poids. Même si tu ne peux l'atteindre, que le dépit ne t'émeuve : Ne l'as-tu point pesée de ton regard ? La route souple s'étale sous ta marche. Même si tu n'en comptes point les pas, les ponts, les tours, les étapes, tu la piétines de ton envie. La fille pure attire ton amour. Même si tu ne l'as
Robert DESNOS (1900 - 1945) - Destinée arbitraire, 1944-1963

Robert DESNOS (1900 - 1945) - Destinée arbitraire, 1944-1963

BAGATELLES Vous reviendrez me voir, dit-elle Quand vous serez riche à millions, Quand les roses de Bagatelle Sous la neige s'épanouiront. Lavant le sable des rivières, Brisant le quartz, ouvrant le tronc Des caoutchoucs à la lisière D'un enfer d'arbres aux fûts ronds, Libérant des nids de pétrole, Ou labourant les Alaskas, Quatre-vingts ans
Tristan L'HERMITE (1601 - 1655) - Les Amours, 1638

Tristan L'HERMITE (1601 - 1655) - Les Amours, 1638

LA BELLE EN DEUIL Que vous avez d'appas, belle nuit animée ! Que vous nous apportez de merveille et d'amour. Il faut bien confesser que vous êtes formée Pour donner de l'envie et de la honte au jour. La flamme éclate moins à travers la fumée Que ne font vos beaux yeux sous un funeste atour, et de tous les mortels en ce sacré séjour, Comme u
Pierre EMMANUEL (1916 - 1984) - Poésies

Pierre EMMANUEL (1916 - 1984) - Poésies

AU NOM SECRET Ô mon amour je tiens parmi les hommes Ton nom scellé mais ne chante que toi Comme sous l’herbe une source chatoie Que sans jamais te nommer je ne nomme Que toi en tout ce qui tient nom de moi Rends-moi présent Que je cesse d’attendre Ce qui m’entoure en attente de moi Donne à mon œil d’être humble envers mes doigts Pour
Gustave KAHN (1859 - 1936) - Chansons d'amant, 1891

Gustave KAHN (1859 - 1936) - Chansons d'amant, 1891

Toi qui m'a désappris la douleur sirène qui chante à la rade la meilleure je tresserai pour toi les âmes de mon âme. Fleur de l'ardent épithalame temple où j'aspirais du seuil de mes tentes je te bercerai des légendes de l'attente. Au portique de ta beauté je suis venu chargé des toisons d'aurore brodées, loin des yeux, de toutes les flo
Francis VIELE-GRIFFIN (1873 - 1937) - Joies, 1889

Francis VIELE-GRIFFIN (1873 - 1937) - Joies, 1889

DES OISEAUX SONT VENUS Des oiseaux sont venus te dire Que je te guettais sous les lilas mauves, Car tu rougis en un sourire Et cachas tes yeux en tes boucles fauves Et te pris à rire. Des fleurs t'i=ont promis quelques chose, Car tu leur parlais comme on admoneste, Et puis voici que tu devins rose En les effeuillant d'un si joli geste Qu'il en dis
Jean ROUSSELOT (1913 - 2004) - Conjugaisons/Conjurations, 1990

Jean ROUSSELOT (1913 - 2004) - Conjugaisons/Conjurations, 1990

Dire l'horreur ou la beauté du monde Revient à se vanter d'avoir vécu. Etrange curriculum Qui même assorti de graphiques Et de photos où l'on tient Clytemnestre par la taille Recevra toujours la même réponse - La place est déjà prise - Comme d'un volet qui battrait Jusqu'à ce qu'on l'arrache. Mais faut-il l'arracher ou s'arracher soi-mêm
Pierre CHABERT (1914 - 2012) - Les Sales Bêtes, 1968

Pierre CHABERT (1914 - 2012) - Les Sales Bêtes, 1968

LA MANTE RELIGIEUSE Elle a le geste mécanique, le regard fixe, on dirait qu'elle sait où elle va. On dirait qu'elle sait qui elle prie. Qui elle aime. En fait, elle mange. C'est l'Amante. Elle procède avec ordre, elle a des habitudes. Mais sa tête minuscule ne contient qu'une idée à la fois. Elle mange. Elle vit d'amour et de mort fraîche. T
Jean FOLLAIN (1903 - 1971) - Exister, 1969

Jean FOLLAIN (1903 - 1971) - Exister, 1969

L'HEURE L'heure où l'enfant s'arrêtait de jouer avec les coquillages étincelait de futur les valves au dedans lisse gardaient l'odeur de la mer l'on entendait hacher pour les bêtes les herbes amères les mouches sur les mots du calendrier des jours se posaient entre les murs étanches et la phrase se détachait d'entre les lèvres livrant à l'
Annie SALAGER (1938 - ) - La Femme-buisson, 1973

Annie SALAGER (1938 - ) - La Femme-buisson, 1973

AVEC LES MÊMES MAINS Avec les mêmes mains dont j'écris cette ligne avec les mêmes mains que toi avec les mêmes mains dont on salue et on étreint dont on calme caresse écoute avec les mêmes mains qui se répandent comme une eau ou qui s'effritent miette à miette non pas faites pour gants ou photos ni manucure ou séchage à l'air chaud mais