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La Poésie

La poésie est un moyen pour certains de se libérer d'un poids mais malheureusement peu de gens s'y intéresse. C'est grâce à tous ceux qui intéresse à la poésie qui la font vivre Nous avons aussi un page Facebook pour plus de visibilité.

Tags associés : poesie, citation, grand auteur

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464 posts

05/11/2018

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Articles récents de cette communauté

Arthur RIMBAUD (1854 - 1891) - Poésies

Arthur RIMBAUD (1854 - 1891) - Poésies

OPHELIE ( I ) Sur l'onde calme et noire où dorment les étoiles La blanche Ophélia flotte comme un grand lys, Flotte très lentement, couchée en ses longs voiles... - On entend dans les bois lointains des hallalis. Voici plus de mille ans que la triste Ophélie Passe, fantôme blanc, sur le long fleuve noir ; Voici plus de mille ans que sa douce
Georges HENEIN (1914 - 1973) - Le signe le plus obscur, éd. Seghers, 1977

Georges HENEIN (1914 - 1973) - Le signe le plus obscur, éd. Seghers, 1977

LE SURSAUT Le doit et l'avoir ne se lisent plus dans le cristal fou des temples Pour un instant seulement par delà le gel des années inutiles une force nouvelle se hisse dans les yeux des officiants instant d'alarme et de griffe redoublement de grâce au chevet de la grande forêt où se perd le prix de chaque geste L'horreur du lendemain suffit
Armel GUERNE (1911 - 1980) - Le poids vivant de la parole, éd. Solaire, 1983

Armel GUERNE (1911 - 1980) - Le poids vivant de la parole, éd. Solaire, 1983

On peut écrire, et l'on écrit ; On peut se taire, et l'on se tait. Mais pour savoir que le silence Est la grande et unique clef, Il faut percer tous les symboles, Dévorer les images, Ecouter pour ne pas entendre, Subir jusqu'à la mort Comme un écrasement Le poids vivant de la parole.
Jean-Pierre DUPREY (1930 - 1959) - Oeuvres complètes, éd. Christian Bourgois

Jean-Pierre DUPREY (1930 - 1959) - Oeuvres complètes, éd. Christian Bourgois

CHAMBRE Les larmes sur l'ardoise, Les armes dans la chambre. Quelque chose pensait... Il fallait que les fantômes mangent ! La neige a répandu des fleurs Que le ciel mouille en chaque oiseau Chaque oiseau Planant un nuage fait pour la lenteur De tout mourir en dormant le vent le plus chaud. Il fallait que les fantômes s'engrangent... Pour épuis
Henri KREA (1933 - 2000) - Poèmes en forme de vertige, 1967

Henri KREA (1933 - 2000) - Poèmes en forme de vertige, 1967

LA POESIE La poésie Comme la lumière du linge fin Ebloui par la croupe de l'ombre Où prisonnière de son émoi L'adolescente Incendiée par la nuit S'enfuit vers cette avenue Qui enchante le désir Qu'elle avait de quitter L'interdit incolore Son ennui meurtrier La liberté où je m'absorbe Participe de sa beauté
Paul Louis ROSSI (1939 -  ) - Oeuvres complètes, éd. Flammarion, 1999

Paul Louis ROSSI (1939 - ) - Oeuvres complètes, éd. Flammarion, 1999

QUAND ANNA MURMURAIT Vous ne m'avez jamais trouvée Dans vos escales M'avez-vous bien cherchée Ô mes matelots C'est comme si vous étiez Entièrement façonnés par la mer Quand vous débarquez n'allez donc pas Jeter vos pierres dans une eau dormante Alors que la tempête habite mes rivages Aucune folie ne m'est étrangère Croyez-vous que je ne
Jean ORIZET (1937 - ) - Niveaux de survie, éd. Le Cherche Midi, 1978

Jean ORIZET (1937 - ) - Niveaux de survie, éd. Le Cherche Midi, 1978

FRAGILES SOLEILS Bédouins qui lisez dans le sable l'or et le sang de la gazelle, Pêcheurs qui savez par la respiration de la mer, prévoir les thons poignardés, Femmes aux yeux de khôl qui tissez, en silence, les fils ténus de la prière, Vos actes, fragiles soleils, n'ont que la mort pour habitude Mais cette mort ne vieillit pas.
Frédérique BERNARD - Le temps, pensées vagabondes, éd. Edinter, 2013

Frédérique BERNARD - Le temps, pensées vagabondes, éd. Edinter, 2013

La plume se libère vole somnole se tend vers l'arrière se plie, se tord, se manifeste par tant de beaux et romantiques gestes danse devant l'océan et la chanson qu'elle écoute n'est rien d'autre que celle de la vie partition où les notes s'évadent portées esseulées symphonie inachevée la musique de l'âme est un oiseau volage que le temps
Andrée CHEDID (1920 - 2011) - Seul le Visage, éd. G.L.M., 1960

Andrée CHEDID (1920 - 2011) - Seul le Visage, éd. G.L.M., 1960

UNE FENÊTRE OU SE PENCHER Je ne crois plus aux naufrages. Il y a un masque bleu au fond de tous les puits ; Les porteuses de pains se succèdent, Les vies se souviennent d'autres vies. Il restera toujours une fenêtre où se pencher, Des promesses à tenir, Un arbre où prendre appui. Quelque part existe le visage de notre terre, Qui nous dira son
Guy BEART (1930 - 2015) - Chansons

Guy BEART (1930 - 2015) - Chansons

LES TEMPS ETRANGES Vinrent cette année-là Des temps étranges Des chaleurs des frimas Des pluies des fanges Des nuages de poussière Sur les champs les rues Les arbres qu'ils arrosèrent Poussèrent plus dru Vinrent cette année-là Des fruits étranges Non pas des avocats Ni des oranges On en fit à la légère Des jus des sirops Celles qui s'en
Jacques CHESSEX (1934 - 2009) - Batailles dans l'Air, éd. Mermod, 1959

Jacques CHESSEX (1934 - 2009) - Batailles dans l'Air, éd. Mermod, 1959

PLUIE La pluie gifle un carré de bouleaux frissonnants Sur un coteau jauni balayé par le vent... L'automne est une demeure d'or et de pluie, Dans ses étages transparents des corbeaux crient. Déjà derrière les troncs gorgés d'eau, la neige Emplit l'air d'une odeur légère de feux d'herbe. Des vallons montent des fumées dans la pluie. Un hom
Marianne VAN HIRTUM  (1925 - 1988) - Poèmes pour les petits Pauvres, éd. Seghers, 1956

Marianne VAN HIRTUM (1925 - 1988) - Poèmes pour les petits Pauvres, éd. Seghers, 1956

LES ENVOLES Nous voulons quitter la famille natale et notre natale bruyère. Là le ciel n'a plus d'échelons pour les enfants de la révolte. Nous voulons quitter la maison barbare et non inspirée : dans les doigts du feu, les pinceaux, les flammes. Le vent insoumis sera pour le coeur, une autre musique. Voici le printemps que nous attendons deva
Roger GILBERT-LECOMTE (1907 - 1943) - Testament, éd. Gallimard, 1955

Roger GILBERT-LECOMTE (1907 - 1943) - Testament, éd. Gallimard, 1955

DEUIL D'AZUR Comme un coeur ruisselant De lentes larmes pâles Sous ce masque de perles Etouffe un grand cri rouge Etrangle le hurleur Du sang tourbillonnant cyclone L'oiseau pourpre abattu De l'arbre de la vie Les pieuvres du vertige De tous leurs bras l'étreignent Une agonie en proie Aux baisers des ventouses Palpite et frissonne De plumes étei
Claire GOLL (1890 - 1977) - Le Coeur tatoué (éd. Seghers, 1958)

Claire GOLL (1890 - 1977) - Le Coeur tatoué (éd. Seghers, 1958)

SEPT SOUHAITS Que ne suis-je le bandeau autour de ton front Si proche de tes pensées ! Que ne suis-je le grain de maïs Qu'écrasent tes dents de chat sauvage ! Que ne suis-je à ton cou la turquoise Chaude de la tempête de ton sang ! Que ne suis-je la laine multicolore Du métier à tisser, qui glisse entre tes doigts ! Que ne suis-je la tunique
Max-Pol FOUCHET (1913 - 1980) - Demeure le Secret, éd. Mercure de France, 1961

Max-Pol FOUCHET (1913 - 1980) - Demeure le Secret, éd. Mercure de France, 1961

POUR QUE DEMEURE LE SECRET... Pour que demeure le secret Nous tairons jusqu'au silence Nul oiseau n'est coupable Du tumulte de nos coeurs La nuit n'est responsable De nos jours au fil de mort Io n'est que grande innocence Et des colonnes en marche Mais les plaines soulignent Notre solitude de leur blé.
Aujourd’hui plus qu’hier

Aujourd’hui plus qu’hier

Profite de la vie Tu n’es pas éternel Un grand poète l’a dit C’est tellement réel Je pense à mon ami Disparu aujourd’hui L’ami qui a compris Ce dogme qu’il a suivi C’est ma consolation En ce triste jour De sa disparition Sans espoir de retour À la femme de sa vie À ses enfants si chers Je demeure l’ami Aujourd’hui plus qu’
Jean CAYROL (1911 - 2005) - Pour tous les Temps, éd. du Seuil, 1955

Jean CAYROL (1911 - 2005) - Pour tous les Temps, éd. du Seuil, 1955

J'ARRIVE DANS LA NUIT... J'arrive dans la nuit comme dans une grande orfèvrerie abandonnée, et c'est le feu qui ne brûle plus rien, seul, d'une haute lignée de flammes et ses vieilles terrines de cendre sa noble suie, un feu tout droit lent et cérémonieux, qui se passe de ses bûches, de son Dieu, un feu plus léger qu'une poignée de tilleul
Oscar DAVID (1902 - 1934) - Paysages d'ANNECY, 1926

Oscar DAVID (1902 - 1934) - Paysages d'ANNECY, 1926

AU SEMNOZ (avec la dédicace particulière de J. et E. - 25/12/2020) Tous les sapins bleuis par la fraîche morsure Du vent rauque ou flûté qui chante dans les bois Ont embaumé, ce soir, la combe où Pan susurre Des mots câlins, très doux, à la nymphe aux abois. La mousse a resserré l'étreinte lente et sûre De ses doigts verts autour des a
Joyce MANSOUR (1928 - 1986) - Cris, 1953 (éd. Seghers)

Joyce MANSOUR (1928 - 1986) - Cris, 1953 (éd. Seghers)

UNE FEMME CREAIT LE SOLEIL Une femme créait le soleil En elle Et ses mains étaient belles La terre plongeait sous ses pieds L'assaillant de l'haleine fertile Des volcans Ses narines palpitaient ses paupières se baissaient Empesées par le lourd limon de l'oreiller C'est la nuit Et l'égratignure tranquille où meurt le vide haletant Se bat se d
Pierre MENANTEAU (1895 - 1992) - Bestiaire pour un Enfant Poète, éd. Seghers, 1958

Pierre MENANTEAU (1895 - 1992) - Bestiaire pour un Enfant Poète, éd. Seghers, 1958

QUELLE EST BELLE LA TERRE Qu'elle est belle la terre, avec ses vols d'oiseaux Qu'on entrevoit soudain à la vitre de l'air, Avec tous ses poissons à la vitre de l'eau ! La peur les force vite à chercher un couvert Et l'homme reste seul derrière le rideau. Quelle est belle, la terre, avec ses animaux, Avec sa cargaison de grâce et de mystère !
Hadjout salue le Maître

Hadjout salue le Maître

Ses disciples en l'évoquant En disent le plus grand bien Il était convaincant Formant des citoyens Il est parti le Maître Je l’ai appris ce soir Il fallait le connaître Ce géant du savoir La craie dans chaque main Il traçait au tableau Un parfait corps humain Et ses organes vitaux Les apprenants conquis Par sa compétence Ont largement acqu
Jacques PREVERT (1900 - 1977) - Paroles, "Le Point du Jour", éd. Gallimard, 1946

Jacques PREVERT (1900 - 1977) - Paroles, "Le Point du Jour", éd. Gallimard, 1946

LE CANCRE Il dit non avec la tête mais il dit oui avec le coeur il dit oui à ce qu'il aime il dit non au professeur il est debout on le questionne et tous les problèmes sont posés soudain le fou rire le prend et il efface tout les chiffres et les mots les dates et les noms les phrases et les pièges et malgré les menaces du maître sous les hu
Pierre SEGHERS (1906 - 1987) - Piranèse

Pierre SEGHERS (1906 - 1987) - Piranèse

ILS VIVAIENT LA Ils vivaient là parmi les trophées et les chaînes, Passagers en transit et seuls, et gravissant des marches, des degrés, des paliers, des échelles, toujours plus haut, et silencieux. La nuit des temps s'entrouvrait un instant pour eux. Ils venaient ajouter leur pierre, non pas esclaves, mais libérés. Leur place était dans le
Henri MOUGIN (1908 - 1946) - Trois Bornes de Cristal, éd. Seghers, 1944

Henri MOUGIN (1908 - 1946) - Trois Bornes de Cristal, éd. Seghers, 1944

SAVOURE UNE NUIT... Savoure une nuit mexicaine mon coeur. Elle a des yeux jaloux avec des seins de porcelaine et sa chevelure de haine a de suaves dents de loup Pupille enceinte de présages, yeux noirs prune grain de raisin la nuit recouvre son visage d'astres et d'îles de nuages de nuages comme des mains La jeunesse du vent nomade et de la fraî
Guy d'ARCANGUES (1924 - 2004) - Eugenia, éd. Seghers, 1958

Guy d'ARCANGUES (1924 - 2004) - Eugenia, éd. Seghers, 1958

POESIE Ce qu'il me faut : un grand baquet de lune pour y laver le linge de mes nuits. J'ai trop aimé le vin qui ne me grisait pas, la nappe rouge, l'alcool, et ce piège d'un millier d'années, poésie. Dans l'étouffement des chambres d'Auteuil des enfants naissent sans amis, le coeur déjà gonflé de l'eau du fleuve. J'ai trop aimé les mots qu
Poésie mon amour

Poésie mon amour

Mets quelque chose et viens Je t’emmène ce soir Où plutôt ne mets rien Tes rimes sont belles à voir C’est comme ça que je t’aime Je te le dis, sans fard Non, tu n’es pas blême Ton teint n’est pas blafard Tu exhales le musc Tu ôtes la douleur Viens, donne-moi la main Allons vers le bonheur Inspire-moi, ma Belle Laisse éclore tes fl
André BLANCHARD (1906 - 1976) - Glossaire incongru, éd. Bruno Durocher, 1954

André BLANCHARD (1906 - 1976) - Glossaire incongru, éd. Bruno Durocher, 1954

SOLITUDE Seul, avec ce bruit lointain de vie Qui passe inconnue et hâtive Comme la mienne, De vie aux mains pleines de suie Tressant la lumière pour qu'elle retienne Le ruissellement des jours, Seul, avec ce bruit que font sur terre Tous les fleuves au long de leurs rives Et toutes les âmes étranglées, Je n'entends plus qu'un confus murmure de
Jean BOURDEILLETTE (1901 - 1981) - Les Etoiles dans la Main, éd. Seghers, 1954

Jean BOURDEILLETTE (1901 - 1981) - Les Etoiles dans la Main, éd. Seghers, 1954

SOIR A CARACAS Un nuage mauve dans les tamarins Qui replient leurs feuilles Une maison née du dernier soleil Les montagnes brunes se mêlent au ciel La choeur des insectes survit à tout Les voitures chantent Et s'en vont vers la mer La solitude n'est pas ici Elle m'attend sous un tilleul Planté il y a vingt-sept ans en septembre Au delà du gran
Lucien BECKER (1912 - 1984) - Neuf Poètes, éd. Seghers, 1957

Lucien BECKER (1912 - 1984) - Neuf Poètes, éd. Seghers, 1957

TU ES NEE... Tu es née sur un ordre de la lumière qui partage avec toi ses richesses et ton corps s'éclaire de l'intérieur comme une moisson ou comme une rivière. Il ne faut pas que tu aies peur dans l'immense bague de l'horizon puisque ton coeur peut battre à l'aise derrière le seul arbre de mes doigts. L'amour nous donne alors la force de
Pierre MATHIAS (1907 - 1990) - Le Magicien, éd. Seghers, 1960

Pierre MATHIAS (1907 - 1990) - Le Magicien, éd. Seghers, 1960

LE PARADIS PERDU Je suis cet homme nu qui marche dans la nuit Funambule obstiné, mémoire de la terre Je marche sur le fils tendus entre les astres Poème dont les mots recomposent un corps De l'homme je n'ai plus que sa raison de vivre La nuit c'est la musique invincible de l'âme C'est l'ombre d'un oiseau qui cherche où se poser C'est aussi bie
Yves BONNEFOY - Hier régnant désert, 1958

Yves BONNEFOY - Hier régnant désert, 1958

UNE VOIX J'entretenais un feu dans la nuit la plus simple, J'usais selon le feu de mots désormais purs, Je veillais, Parque claire et d'une Parque sombre La fille moins anxieuse au rivage des murs. J'avais un peu de temps pour comprendre et pour être, J'étais l'ombre, j'aimais garder le logis, Et j'attendais, j'étais la patience des salles Et j
Philippe JACCOTTET (1925 - ) - Poésies, 1945 - 1967

Philippe JACCOTTET (1925 - ) - Poésies, 1945 - 1967

Extrait de Leçons (1966 - 1967) Un simple souffle, un noeud léger de l'air, une graine échappée aux herbes folles du Temps, rien qu'une voix qui volerait chantant à travers l'ombre et la lumière, s'effacent-ils, il n'est pas trace de blessure. La voix tue, on dirait plutôt un instant l'étendue apaisée, le jour plus pur. Que sommes-nous, qu
Gérard de NERVAL (1808 - 1855) - Chimères, 1854

Gérard de NERVAL (1808 - 1855) - Chimères, 1854

EL DESDICHADO Je suis le ténébreux, - le veuf, -l'inconsolé, Le prince d'Aquitaine à la tour abolie : Ma seule étoile est morte, - et mon luth constellé Porte le Soleil noir de la Mélancolie . Dans la nuit du tombeau, toi qui m'as consolé, Rends-moi le Pausilippe et la mer d'Italie, La fleur qui plaisait tant à mon coeur désolé, Et la tr
Jean COCTEAU (1889 - 1963) - Plain-chant (1923)

Jean COCTEAU (1889 - 1963) - Plain-chant (1923)

PLAIN CHANT II Mauvaise compagne, espèce de morte, De quels corridors, De quels corridors pousses-tu la porte, Dès que tu t'endors ? Je te vois quitter ta figure close, Bien fermée à clé, Ne laissant ici plus la moindre chose, Que ton chef bouclé. Je baise ta joue et serre tes membres, Mais tu sors de toi, Sans faire de bruit, comme d'une cha
Jules SUPERVIELLE (1884 - 1960) - Les Amis inconnus

Jules SUPERVIELLE (1884 - 1960) - Les Amis inconnus

LE POMMIER A force de mourir et de n'en dire rien Vous aviez fait un jour jaillir, sans y songer, Un grand pommier en fleurs au milieu de l'hiver Et les oiseaux gardaient de leurs becs inconnus L'arbre non saisonnier, comme en plein mois de mai, Et des enfants joyeux de soleil et de brume Faisaient la ronde autour, à vivre résolus. Ils étaient l
Valéry LARBAUD (1881 - 1957) - Poésies de A.O. Barnabooth, 1913

Valéry LARBAUD (1881 - 1957) - Poésies de A.O. Barnabooth, 1913

MATIN DE NOVEMBRE PRES D'ABINGDON Les collines dans le brouillard, sous le ciel de cendre bleue Comme elles sont hautes et belles ! Ô jour simple, mêlé de brume et de soleil ! Marcher dans l'air froid, à travers ces jardins, Le long de cette Tamise qui me fait songer au vers de Samain, Marcher sur la terre de nouveau inconnue, toute changée, E
Charles CROS (1842 - 1888) - Poésies

Charles CROS (1842 - 1888) - Poésies

CONCLUSION A Maurice Rollinat J'ai rêvé les amours divins, L'ivresse des bras et des vins, L'or, l'argent, les royaumes vains, Moi, dix-huit ans, Elle, seize ans. Parmi les sentiers amusants Nous irions sur nos alezans. Il est loin le temps des aveux Naïfs, des téméraires voeux ! Je n'ai d'argent qu'en mes cheveux. Les âmes dont j'aurais beso
Paul-Jean TOULET (1867 - 1920) - Les Contrerimes

Paul-Jean TOULET (1867 - 1920) - Les Contrerimes

Puisque tes jours ne t'ont laissé Qu'un peu de cendre dans la bouche, Avant qu'on ne tende la couche Où ton coeur dorme, enfin glacé, Retourne, comme au temps passé, Cueillir, près de la dune instable, Le lys qu'y courbe un souffle amer, - Et grave ces mots sur le sable : Le rêve de l'homme est semblable Aux illusions de la mer.
Paul FORT (1872 - 1960) - Ballades Françaises (éd. Flammarion, 1963)

Paul FORT (1872 - 1960) - Ballades Françaises (éd. Flammarion, 1963)

OMBRE DES BOIS Je suis tout à la tristesse de ma vie perdue dans les bois que le vent berce. Je suis tout à la détresse de ma vie sans but dans l'ombre des bois touffus. Mon bonheur est d'y frémir, je m'y sens perdu. Tout ajoute à ma tristesse. Je le dis, j'ai du plaisir dans les bois touffus qu'aucun sentier ne traverse.
Pierre REVERDY (1889 - 1960) - Plupart du temps, 1945

Pierre REVERDY (1889 - 1960) - Plupart du temps, 1945

NOMADE La porte qui ne s'ouvre pas La main qui passe Au loin un verre qui se casse La lampe fume Les étincelles s'allument Le ciel est plus noir Sur les toits Quelques animaux Sans leur ombre Un regard Une tache sombre La maison où l'on n'entre pas
Jean COCTEAU (1889 - 1963) - Opéra (1927)

Jean COCTEAU (1889 - 1963) - Opéra (1927)

LE MODELE DES DORMEURS Le sommeil est une fontaine Pétrifiante. Le dormeur, Couché sur sa main lointaine, Est une pierre en couleurs. Dormeurs sont valets et cartes, Dormeurs n'ont ni haut ni bas, De nous un dormeur s'écarte, Immobile à tour de bras. Les rêves sont la fiente Du sommeil. Ceux qui les font Troublent l'eau pétrifiante Et les pre
Jean FOLLAIN (1903 - 1971) - Territoires (1953)

Jean FOLLAIN (1903 - 1971) - Territoires (1953)

LES SIECLES Regardant la marque du sabot de son cheval de sang le cavalier dans cette empreinte contournée où déjà des insectes préparaient leur ouvroir devina la future imprimerie puis pour lui demander sa route il s'approcha du charpentier qui près d'une rose en repos contemplait la vallée et ne lirait jamais de livres.
Francis CARCO (1886 - 1958) - Petits airs, 1920

Francis CARCO (1886 - 1958) - Petits airs, 1920

L'HEURE DU POETE La fillette aux violettes Equivoque, à l'oeil cerné, Reste seule après la fête Et baise ses vieux bouquets. Ce n'est ni la nuit, ni l'aube, Mais cette heure où, dans Paris, Les rôdeurs et les chiens maigres Errent dans un brouillard gris... L'heure amère des poètes Qui se sentent tristement Portés sur l'aile inquiète Du d
Paul VERLAINE (1844 - 1896) - Romances sans paroles (1874)

Paul VERLAINE (1844 - 1896) - Romances sans paroles (1874)

Il pleut doucement sur la ville. Arthur Rimbaud Il pleure dans mon coeur Comme il pleut sur la ville ; Quelle est cette langueur Qui pénètre mon coeur ? O bruit doux de la pluie Par terre et sur les toits ! Pour un coeur qui s'ennuie O le chant de la pluie ! Il pleure sans raison Dans ce coeur qui s'écoeure. Quoi ! nulle trahison ?... Ce deuil e
Jean de LA FONTAINE (1621 - 1695) - Poésies

Jean de LA FONTAINE (1621 - 1695) - Poésies

LES AMOUIRS DE PSYCHE Volupté, Volupté, qui fut jadis maîtresse Du plus bel esprit de la Grèce, Ne me dédaigne pas, viens-t'en loger chez moi ; Tu n'y seras pas sans emploi. J'aime le jeu, l'amour, les livres, la musique, La ville et la campagne, enfin tout ; il n'est rien Qui ne me soit souverain bien, Jusqu'au sombre plaisir d'un coeur méla
Paul ELUARD (1895 - 1952) - Mourir de ne pas mourir (Capitale de la Douleur, 1926)

Paul ELUARD (1895 - 1952) - Mourir de ne pas mourir (Capitale de la Douleur, 1926)

L'AMOUREUSE Elle est debout sur mes paupières Et ses cheveux sont dans les miens, Elle a la forme de mes mains, Elle a la couleur de mes yeux, Elle s'engloutit dans mon ombre Comme une pierre sur le ciel. Elle a toujours les yeux ouverts Et ne me laisse pas dormir. Ses rêves en pleine lumière Font s'évaporer les soleils, Me font rire, pleurer e
Henri MICHAUX (1899 - 1984) - Plume, 1938

Henri MICHAUX (1899 - 1984) - Plume, 1938

REPOS DANS LE MALHEUR Le Malheur, mon grand laboureur, Le Malheur, assois-toi, Repose-toi, Reposons-nous un peu toi et moi, Repose, Tu me trouves, tu m'éprouves, tu me le prouves. Je suis ta ruine. Mon grand théâtre, mon havre, mon âtre Ma cave d'or, Mon avenir, ma vraie mère, mon horizon. Dans ta lumière, dans ton ampleur, dans mon horreur,
René CHAR (1907 - 1988) - Fureur et Mystère, 1962

René CHAR (1907 - 1988) - Fureur et Mystère, 1962

EVADNE L'été et notre vie étions d'un seul tenant La campagne mangeait la couleur de ta jupe odorante Avidité et contrainte s'étaient réconciliées Le château de Maubec s'enfonçait dans l'argile Bientôt s'effondrerait le roulis de sa lyre La violence des plantes nous faisait vaciller Un corbeau rameur sombre déviant de l'escadre Sur le mu
Robert DESNOS (1900 - 1945) - Etats de veille, 1943-1944

Robert DESNOS (1900 - 1945) - Etats de veille, 1943-1944

DEMAIN Agé de cent mille ans, j'aurais encor la force De t'attendre, ô demain pressenti par l'espoir. Le temps, vieillard souffrant de multiples entorses, Peut gémir : le matin est neuf, neuf est le soir. Mais depuis trop de mois nous vivons à la veille, Nous veillons, nous gardons la lumière et le feu, Nous parlons à voix basse et nous tendo
Paul-Jean TOULET (1867 - 1920) - Les Contrerimes

Paul-Jean TOULET (1867 - 1920) - Les Contrerimes

AINSI, CE CHEMIN DE NUAGE... Ainsi, ce chemin de nuage, Vous ne le prendrez point, D'où j'ai vu me sourire au loin Votre brillant mirage ? Le soir d'or sur les étangs bleus D'une étrange savane, Où pleut la fleur de frangipane, N'éblouira vos yeux ; Ni les feux de la luciole Dans cette épaisse nuit Que tout à coup perce l'ennui D'un tigre qu
Arthur RIMBAUD (1854 - 1891) - Poésies (1870)

Arthur RIMBAUD (1854 - 1891) - Poésies (1870)

SENSATION Par les soirs bleus d'été, j'irai dans les sentiers, Picoté par les blés, fouler l'herbe menue : Rêveur, j'en sentirai la fraîcheur à mes pieds. Je laisserai le vent baigner ma tête nue. Je ne parlerai pas, je ne penserai rien : Mais l'amour infini me montera dans l'âme, Et j'irai loin, bien loin, comme un bohémien, Par la Natur
Pierre de MARBEUF (1596 - 1635) - Poésies

Pierre de MARBEUF (1596 - 1635) - Poésies

ET LA MER ET L'AMOUR... Et la mer et l'amour ont l'amer pour partage, Et la mer est amère, et l'amour est amer, L'on s'abîme en l'amour aussi bien qu'en la mer Car la mer et l'amour ne sont point sans orage. Celui qui craint les eaux, qu'il demeure au rivage, Celui qui craint les maux qu'on souffre pour aimer Qu'il ne se laisse pas à l'amour enf
La mésange

La mésange

Poème de Guillaume Apollinaire lu par Régis Flécheau. La mésange, Les soldats s'en vont lentement Dans la nuit trouble de la ville. Entends battre mon cœur d...
Stéphane MALLARME (1842 - 1898) - Poésies, 1899

Stéphane MALLARME (1842 - 1898) - Poésies, 1899

TRISTESSE D'ETE Le soleil, sur le sable, ô lutteuse endormie, En l'or de tes cheveux chauffe un bain langoureux Et, consumant l'encens sur ta joue ennemie, Il mêle avec les pleurs un breuvage amoureux. De ce blanc flamboiement l'immuable accalmie T'a fait dire, attristée, ô mes baisers, peureux, "Nous ne serons jamais une seule momie Sous l'ant
Valéry LARBAUD (1881 - 1957) - Poésies de A.O. Barnabooth, 1913

Valéry LARBAUD (1881 - 1957) - Poésies de A.O. Barnabooth, 1913

MERS-EL-KEBIR J'aime ce village, où sous les orangers, Sans se voir, deux jeunes filles se disent leurs amours Sur deux infiniment plaintives mandolines. Et j'aime cette auberge, car les servantes, dans la cour, Chantent dans la douceur du soir cet air si doux De la "Paloma". Ecoutez la paloma qui bat de l'aile... Désir de mon village à moi, si
André FRENAUD (1907 - 1993) - Soleil irréductible (1943 - 1959)

André FRENAUD (1907 - 1993) - Soleil irréductible (1943 - 1959)

LA VIE DANS LE TEMPS Les secondes, pas à pas inaccessibles - Les minutes se pressaient, toujours trop longues - les heures, l'une après l'autre mal aimées - L'an neuf, en allé sans remplir les vieux - le jour accompli, le coeur tourne encore - Le sommeil, au matin miroir interdit - L'instant n'a pas lui où nous aurions pu - Notre vie, infranch
Paul VALERY (1871 - 1945) - Charmes, 1922

Paul VALERY (1871 - 1945) - Charmes, 1922

LE VIN PERDU J'ai quelque jour, dans l'Océan (Mais je ne sais plus sous quels cieux) Jeté comme offrande au néant Tout un peu de vin précieux... Qui voulut ta perte, ô liqueur ? J'obéis peut-être au devin ? Peut-être au souci de mon coeur, Songeant au sang, versant le vin ? Sa transparence accoutumée Après une rose fumée Reprit aussi pur
Alphonse de LAMARTINE (1790 - 1869) - Nouvelles méditations poétiques,  1823

Alphonse de LAMARTINE (1790 - 1869) - Nouvelles méditations poétiques, 1823

V - LE PAPILLON Naître avec le printemps, mourir avec les roses, Sur l'aile du zéphyr nager dans un ciel pur, Balancé sur le sein des fleurs à peine écloses, S'enivrer de parfums, de lumière et d'azur, Secouant, jeune encor, la poudre de ses ailes, S'envoler comme un souffle aux voûtes éternelles, Voilà du papillon le destin enchanté ! Il