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La Poésie

La poésie est un moyen pour certains de se libérer d'un poids mais malheureusement peu de gens s'y intéresse. C'est grâce à tous ceux qui intéresse à la poésie qui la font vivre Nous avons aussi un page Facebook pour plus de visibilité.

Tags associés : poesie, citation, grand auteur

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420 posts

05/11/2018

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Articles récents de cette communauté

Stéphane MALLARME (1842 - 1898) - Poésies, 1899

Stéphane MALLARME (1842 - 1898) - Poésies, 1899

RONDELS (I) Rien au réveil que vous n'ayez Envisagé de quelque moue Pire si le rire secoue Votre aile sur les oreillers Indifféremment sommeillez Sans crainte qu'une haleine avoue Rien au réveil que vous n'ayez Envisagé de quelque moue Tous les rêves émerveillés Quand cette beauté les déjoue Ne produisent fleur sur la joue Dans l'oeil dia
Gisèle PRASSINOS (1920 - 2015) - La Vie la voix, 1971

Gisèle PRASSINOS (1920 - 2015) - La Vie la voix, 1971

COMMENT PRODUIRE DU TEMPS Je t'attendrai sur les genoux de la mer incalculables faits évènements fragiles et stables de toujours se refaire. Je t'attendrai liquide encore humaine non point dans le temps de l'esprit - ô métronome qui dès l'espérance s'aiguise pour nos déchirures - mais dans les arrêts du vent dans le reflet des branches pét
Paul ELUARD (1895 - 1952) - la Vie immédiate, 1932

Paul ELUARD (1895 - 1952) - la Vie immédiate, 1932

BELLE ET RESSEMBLANTE Un visage à la fin du jour Un berceau dans les feuilles mortes du jour Un bouquet de pluie nue Tout soleil caché Toute source des sources au fond de l'eau Tout miroir des miroirs brisé Un visage dans les balances du silence Un caillou parmi d'autres cailloux Pour les frondes des dernières lueurs du jour Un visage semblable
Paul VALERY (1871 - 1945) - Album de vers anciens

Paul VALERY (1871 - 1945) - Album de vers anciens

AU BOIS DORMANT La princesse, dans un palais de rose pure, Sous les murmures, sous la mobile ombre dort, Et de corail ébauche une parole obscure Quand les oiseaux perdus mordent ses bagues d'or. Elle n'écoute ni les gouttes, dans leurs chutes, Tinter d'un siècle vide au lointain le trésor, Ni, sur la forêt vague, un vent fondu de flûtes Déch
Louis-Xavier de RICARD (1843 - 1911) - Ciel, rue et foyer, 1866

Louis-Xavier de RICARD (1843 - 1911) - Ciel, rue et foyer, 1866

LES PAPILLONS Quelques feuilles, guirlande verte, Environnent de leur émail Cette jeune rose entrouverte, Petite coupe de corail. Ses pétales aux teintes blondes, Dont la nacre rose pâlit, Se frisent et semblent les ondes Du frais parfum qui la remplit. Vois-tu, soulevant de son aile Un nuage de tourbillons, Volet et tourner autour d'elle L'essa
Jules BRETON (1827 - 1906) - Les Champs et la mer, 1875

Jules BRETON (1827 - 1906) - Les Champs et la mer, 1875

NOCTURNE La nuit se mêle encore à de vagues pâleurs ; L'étoile naît, jetant son reflet qui se brouille Dans la mare dormante où croupit la grenouille. Les champs, les bois n'ont plus ni formes, ni couleurs. Leurs calices fermés, s'assoupissent les fleurs. Entrevue à travers le brouillard qui la mouille, La faucille du ciel fond sa corne et
Albert MERAT (1840 - 1909) - Les Chimères, 1866

Albert MERAT (1840 - 1909) - Les Chimères, 1866

LE CARREAU Derrière l'épaisseur lucide du carreau Un paysage grêle, une miniature, Fait voir chaque détail plus petit que nature Et tient entre les quatre arêtes du barreau. Ce transparent posé d'aplomb sur le tableau Montre un ciel triste encore et d'une couleur dure, Des gens qui vont, les champs, les arbres en bordure, Et les flaques de pl
Claude VIGEE (1921 - ) - Le Soleil sous la mer, 1972

Claude VIGEE (1921 - ) - Le Soleil sous la mer, 1972

DESTIN DU POETE C'est toujours quelqu'un d'autre le Toi silencieux qui se parle en moi-même. Parfois je m'arrache à l'écoute qui est prière et je chante en son nom dans la langue empruntée à la bouche des morts. Pour lui en moi, pour lui, qui déjà me traduit dans la gorge d'autrui. _____________________________ Quel monde célébrer, langue
Charles CROS (1842 - 1888) - Le coffret de santal (1873)

Charles CROS (1842 - 1888) - Le coffret de santal (1873)

PASSE Elle s'est endormie un soir, croisant ses bras, Ses bras souples et blancs sur sa poitrine frêle, Et fermant pour toujours ses yeux clairs, déjà las De regarder ce monde, exil trop lourd pour Elle. Elle vivait de fleurs, de rêves, d'idéal, Ame, incarnation de la Ville éternelle. Lentement étouffée, et d'un semblable mal, La splendeur
Victor SEGALEN (1878 - 1919) - Stèles, 1912

Victor SEGALEN (1878 - 1919) - Stèles, 1912

LES TROIS HYMNES PRIMITIFS Les Lacs Les lacs dans leurs paumes rondes noient le visage du ciel ; J'ai tourné la sphère pour observer le ciel. Les lacs, frappés d'échos fraternels en nom- bre douze : J'ai fondu les douze cloches qui fixent les tons musicaux. Lac mouvant, firmament liquide à l'envers, cloche musi- cale, Que l'homme recevant mes
Blaise CENDRARS (1887 - 1961) - Dix-neuf poèmes élastiques

Blaise CENDRARS (1887 - 1961) - Dix-neuf poèmes élastiques

AUX 5 COINS Oser et faire du bruit Tout est couleur mouvement explosion lumière La vie fleurit aux fenêtres du soleil Qui se fond dans ma bouche Je suis mûr Et je tombe translucide dans la rue Tu parles, mon vieux Je ne sais pas ouvrir les yeux ? Bouche d'or La poésie est en jeu
Jacques PREVERT (1900 - 1977) - Spectacle, 1951

Jacques PREVERT (1900 - 1977) - Spectacle, 1951

LES ENFANTS QUI S'AIMENT Les enfants qui s'aiment s'embrassent debout Contre les portes de la nuit Et les passants qui passent les désignent du doigt Mais les enfants qui s'aiment Ne sont là pour personne Et c'est seulement leur ombre Qui tremble dans la nuit Excitant la rage des passants Leur rage leur mépris leurs rires et leur envie Les enfan
Tristan DEREME (1889 - 1948) - La verdure dorée

Tristan DEREME (1889 - 1948) - La verdure dorée

LA VERDURE DOREE XCVII Six heures tombent de l'horloge Comme six noix dans un chaudron Déjà le soir triste grelotte Sous un lourd nuage marron. Elle, naguère sous le saule A cette heure elle souriait... Faudra-t-il que je me console De son doux regard inquiet ? Roses chaudes de sa jeunesse, Hélas ! j'e, ai mal à mourir. Comme un colibri dans l
Francis CARCO (1886 - 1958) - La Bohème et mon coeur

Francis CARCO (1886 - 1958) - La Bohème et mon coeur

L'EVENTAIL DE MARIE LAURENCIN Dans ce miroir incliné sur le lit, Je vois ton corps pesant, tes belles jambes... Le jour douteux répandu dans la chambre Luit sourdement, partout, comme un halo. Partout aussi c'est un parfum canaille, C'est des frissons mêlés à des reflets Que le miroir accueille et multiplie Pour les jeter ensemble, pêle-mêle
Paul-Jean TOULET (1867 - 1920) - Les Contrerimes, 1921

Paul-Jean TOULET (1867 - 1920) - Les Contrerimes, 1921

CONTRERIMES XII L'hiver bat la vitre et le toit. Il fait bon dans la chambre, A part cette sale odeur d'ambre Et de plaisir. Mais toi, Les roses naissent sur ta face Quand tu ris près du feu... Ce soir tu me diras adieu, Ombre, que l'ombre efface.
Henri THOMAS (1912 - 1993) - Joueur surpris, 1982

Henri THOMAS (1912 - 1993) - Joueur surpris, 1982

HÔTEL PARISIEN Je te serrais dans mes bras Mais tes yeux étaient partis Dans le souffle de l'orage Qui bleuissait la fenêtre Comme elle est loin cette nuit ! L'hôtel a changé de nom. Plus jamais le rose, Plus jamais le rouge, Plus jamais le lilas sombre, Rien que le gris, le noir des lèvres refermées.
Francis PONGE (1899 - 1988) - Proêmes, 1948

Francis PONGE (1899 - 1988) - Proêmes, 1948

MON ARBRE Mon arbre dans un siècle encor malentendu, Dressé dans la forêt des raisons éternelles Grandira lentement, se pourvoira de feuilles, A légal des grands sera tard reconnu. Mais alors, il fera l'orage ou le silence, Sa voix contre le vent aura cent arguments, Et s'il semble agité par de nouveaux tourments, C'est qu'il voudra plutôt d
Vénus KHOURI-GHATA (1937- ) - Les Ombres et leurs cris, 1979

Vénus KHOURI-GHATA (1937- ) - Les Ombres et leurs cris, 1979

Ne dites pas à un rêve qu'il est de paille Il brûlera au contact du matin à un village qu'il est soluble dans le brouillard il se terrera dans un clocher Depuis qu'on dit au cyprès qu'il est cierge obscur Il quémande un emploi auprès des cathédrales et fond d'amour en pensant aux saintes des vitraux.
Robert SABATIER (1923 - 2012) - Les Poisons délectables, 1965

Robert SABATIER (1923 - 2012) - Les Poisons délectables, 1965

LES LUNETTES J'étais un livre. On effeuillait mes pages Pour découvrir des signes, des empreintes Or, je rêvais des archives terrestres Ou d'un feu noir, mais chacun me lisait. Des doigts mouillés, des feuillets et des notes Sur tout mon corps, et même cette plante Se desséchant entre mes dents. La mordre Fut mon désir tout le long d'un hive
Edmond JABES (1912 - 1991) - Le Seuil le sable, 1990

Edmond JABES (1912 - 1991) - Le Seuil le sable, 1990

LE PELERIN Tu ne marcheras jamais assez pèlerin perceur fou d'horizon La terre apprise est une prison Les barreaux sont des chemins comptés Tu ne rêveras jamais assez La mer l'ennemi est déraison Mais le ciel le bleu ciel insaisissable est un murmure contenu de pierres amoureuses don t le temps fait des bornes.
Pierre TORREILLES (1921 - 2005) - Les Dieux rompus, 1979

Pierre TORREILLES (1921 - 2005) - Les Dieux rompus, 1979

MOULINS FOUDROYES L'après-midi descend, d'apparence incertaine ; chaque pierre affermit ses murs. Bivouac des vents migrateurs, les toits ont disparu. Vers ces moulis énucléés le chemin ruisselant, lumière déconstruite, hisse la nuit ; d'une aube se souvient. Je dis qu'il est une parole entre les mots arrachés et laissés aux choses qui s'é
Gérard de NERVAL (1808 - 1855) - Odelettes, 1852

Gérard de NERVAL (1808 - 1855) - Odelettes, 1852

AVRIL Déjà les beaux jours, - la poussière, Un ciel d'azur et de lumière, Les murs enflammés, les longs soirs ; - Et rien de vert : - à peine encore Un reflet rougeâtre décore Les grands arbres aux rameaux noirs ! Ce beau temps me pèse et m'ennuie. - Ce n'est qu'après des jours de pluie Que doit surgir, en un tableau, Le printemps verdiss
Pierre GABRIEL (1926 - 1994) - Poésies

Pierre GABRIEL (1926 - 1994) - Poésies

RAISINS FOULES Raisins foulés, notre claire vendange, mille moments de nous dans la paume du vent et que le vent parsème sous nos pas. Entre hier et demain je veille, je me tais, j'écoute battre en toi mon amour au visage semblable. Car nous avons pesé le ciel, et l'herbe, et la parole. Le jour nous réunit, la terre est notre sauvegarde. Nous
Alfred de MUSSET (1810 - 1857) -  Poésies nouvelles

Alfred de MUSSET (1810 - 1857) - Poésies nouvelles

SONNET A LA MÊME Quand, par un jour de pluie, un oiseau de passage Jette au hasard un cri dans un chemin perdu, Au fond des bois fleuris, dans son nid de feuillage, Le rossignol pensif a parfois répondu. Ainsi fut mon appel de votre âme entendu, Et vous me répondez dans notre cher langage. Ce charme triste et doux, tant aimé d'un autre âge, C
Antonin ARTAUD (1896 - 1948) - L'Ombilic des limbes, 1925

Antonin ARTAUD (1896 - 1948) - L'Ombilic des limbes, 1925

VITRES DE SON Vitres de son où virent les astres, verres où cuisent les cerveaux, le ciel fourmillant d'impudeurs dévore la nudité des astres. Un lait bizarre et véhément fourmille au fond du firmament ; un escargot monte et dérange la placidité des nuages. Délices et rages, le ciel entier lance sur nous comme un nuage un tourbillon d'aile
Théophile GAUTIER (1811 - 1872) - Emaux et camées (1852)

Théophile GAUTIER (1811 - 1872) - Emaux et camées (1852)

LES ACCROCHE-COEURS Ravivant les langueurs nacrées De tes yeux battus et vainqueurs, En mèches de parfum lustrées Se courbent deux accroche-coeurs. A voir s'arrondir sur tes joues Leurs orbes tournées par tes doigts, On dirait les petites roues Du char de Mab fait d'une noix ; Ou l'arc de l'amour dont les pointes, Pour une flèche à décocher,
RUTEBEUF (1250 - 1277) - Oeuvres complètes

RUTEBEUF (1250 - 1277) - Oeuvres complètes

LE DIT DES RIBAUDS DE GREVE Ribauds, vous voilà bien en point ! Les arbres dépouillent de leurs branches et d'habit vous n'en avez point, aussi aurez-vous froid aux hanches. Qu'il vous faudrait maintenant pourpoints, surcots fourrés avec des manches ! L'été vous gambadez si bien, l'hiver vous traînez tant la jambe ! Cirer vos souliers ? Pas b
Patrice DELBOURG (1948 - ) - Absence de pédigrée (1974)

Patrice DELBOURG (1948 - ) - Absence de pédigrée (1974)

Devant les carpes de la fontaine sa bouche enfouie jusqu'au sel change la place de l'été matin successeur du matin indifférent à la fleur salariée l'oeil arrange un mariage en blanc immobile dans l'ombre brève de la cour sous le calme capital d'une caracole étoilée le piano renonce au noir la place des oiseaux n'est pas au ciel
Gaston MIRON (1928 - 1996) - L'Homme rapaillé (1975)

Gaston MIRON (1928 - 1996) - L'Homme rapaillé (1975)

DANS LES LOINTAINS... Dans les lointains de ma rencontre des hommes le coeur serré comme les maisons d'Europe avec les maigres mots frileux de mes héritages avec la pauvreté natale de ma pensée rocheuse j'avance en poésie comme un cheval de trait tel celui-là de jadis dans les labours de fond qui avait l'oreille dressée à se saisir réel le
Charles BAUDELAIRE (1821 - 1867) - Les Fleurs du Mal

Charles BAUDELAIRE (1821 - 1867) - Les Fleurs du Mal

L'ALBATROS Souvent, pour s'amuser, les hommes d'équipage Prennent des albatros, vastes oiseaux des mers, Qui suivent, indolents compagnons de voyage, Le navire glissant sur les gouffres amers. A peine les ont-ils déposés sur les planches, Que ces rois de l'azur, maladroits et honteux, Laissent piteusement leurs grandes ailes blanches Comme des a
Pierre-Jean JOUVE (1887 - 1976) - Poésies (1964 - 1967) - Diadème

Pierre-Jean JOUVE (1887 - 1976) - Poésies (1964 - 1967) - Diadème

A SOI-MÊME Ecris maintenant pour le ciel Ecris pour la courbe du ciel Et que nul plomb de lettre noire N'enveloppe ton écriture Ecris pour l'odeur et le vent Ecris pour la feuille d'argent Que nulle laide face humaine N'ait regard connaissance haleine Ecris pour le dieu et le feu Ecris pour un amour de lieu Et que rien de l'homme n'ait place Au v
Stéphane MALLARME (1842 - 1898) - Poésies, 1899

Stéphane MALLARME (1842 - 1898) - Poésies, 1899

RONDELS (II) Si tu veux nous nous aimerons Avec tes lèvres sans le dire Cette rose ne l'interromps Qu' an verser un silence pire Jamais de chants ne lancent prompts Le scintillement du sourire Si tu veux nous nous aimerons Avec tes lèvres sans le dire Muet muet entre les ronds Sylphe dans la poudre d'empire Un baiser flambant se déchire Jusqu'au
Victor HUGO (1802 - 1885) - Odes et Ballades (1822)

Victor HUGO (1802 - 1885) - Odes et Ballades (1822)

LE POETE DANS LES REVOLUTIONS A M. Alexandre Soumet "Que n'es-tu né sur les rivages Des Abbas et des Cosroës, Aux rayons d'un soleil sans nuages, Parmi le myrte et l'aloès ! Là, sourd aux maux que tu déplores, Le poète voit ses aurores Se lever sans trouble et sans pleurs ; Et la colombe, chère aux sages, Porte aux vierges ses doux messages
René CHAR (1907 - 1988) - Le Nu perdu (1964 - 1975)

René CHAR (1907 - 1988) - Le Nu perdu (1964 - 1975)

DANS LA PLUIE GIBOYEUSE (1968) Où passer nos jours à présent ? Parmi les éclats incessants de la hache devenue folle à son tour ? Demeurons dans la pluie giboyeuse et nouons notre souffle à elle. Là, nous ne souffrirons plus rupture, dessèchement ni agonie ; nous ne sèmerons plus devant nous notre contradiction renouvelée, nous ne secrét
Paul-Jean TOULET (1867 - 1920) - Les Contrerimes

Paul-Jean TOULET (1867 - 1920) - Les Contrerimes

LE TREMBLE EST BLANC Le temps irrévocable a fui. L'heure s'achève, Mais toi, quand tu reviens, et traverses mon rêve, Tes bras sont plus frais que le jour qui se lève, Tes yeux plus clairs A travers le passé ma mémoire t'embrasse. Te voici. Tu descends en courant la terrasse Odorante, et tes faibles pas s'embarrassent Parmi les fleurs. Par un
Albert SAMAIN (1852 - 1900) - Le Chariot d'or

Albert SAMAIN (1852 - 1900) - Le Chariot d'or

RETRAITE Remonte, lent rameur, le cours de tes années, Et, les yeux clos, suspend ta rame par endroits... La brise qui s'élève aux jardins d'autrefois Courbe suavement les âmes inclinées. Cherche en ton coeur, loin des grand'routes calcinées, L'enclos plein d'herbe épaisse et verte où sont les croix. Ecoutes-y l'air triste où reviennent le
Alfred DE MUSSET (1810 - 1857)

Alfred DE MUSSET (1810 - 1857)

TRISTESSE (1840) J'ai perdu mes forces et ma vie, Et mes amis et ma gaieté ; J'ai perdu jusqu'à la fierté Qui faisait croire à mon génie. Quand j'ai connu la Vérité, J'ai cru que c'était une amie ; Quand je l'ai comprise et sentie, J'en étais déjà dégoûté. Et pourtant elle est éternelle, Et ceux qui se sont passés d'elle Ici-bas ont
Anne PERRIER (1922 - 1997) - Poésies

Anne PERRIER (1922 - 1997) - Poésies

Je vis pour ce qui n'a de poids De couleur, ni de prix L'insensible douceur de tes mains Ton visage aux chemins interdits Ta lumière comme un bandeau Sur les yeux Eux disent que c'est folie Moi je dis c'est l'amour Ainsi soit-il
Joachim DU BELLAY (1522 - 1560)

Joachim DU BELLAY (1522 - 1560)

Heureux qui comme Ulysse, a fait un beau voyage, Ou comme celui-là qui conquit la toison, Et puis est retourné, plein d'usage et raison, Vivre entre ses parents le reste de son âge ! Quand reverrais-je, hélas, de mon petit village Fumer la cheminée, et en quelle saison Reverrais-je le clos de ma pauvre maison, Qui m'est une province, et beauco
Henri de REGNIER (1864 - 1936) - Les Jeux rustiques et divins, Anthruce.

Henri de REGNIER (1864 - 1936) - Les Jeux rustiques et divins, Anthruce.

L'ALLUSION A NARCISSE Un enfant vint mourir, les lèvres sur tes eaux, Fontaine ! de s'y voir au visage trop beau Du transparent portrait auquel il fut crédule... Les flûtes des bergers chantaient au crépuscule ; Une fille cueillait des roses et pleura ; Un homme qui marchait au loin se sentit las. L'ombre vint. Les oiseaux volaient sur la prair
Théodore de BANVILLE (1823 - 1891) - Rondels

Théodore de BANVILLE (1823 - 1891) - Rondels

LA LUNE Avec ses caprices, la Lune Est comme une frivole amante ; Elle sourit et se lamente, Elle fuit et vous importune. La nuit, suivez-la sur la dune, Elle vous raille et vous tourmente ; Avec ses caprices, la Lune Est comme une frivole amante. Et souvent elle se met une Nuée en manière de mante ; Elle est absurde, elle est charmante ; Il faut
Isaac DE BENSERADE (1613 - 1691)

Isaac DE BENSERADE (1613 - 1691)

SUR JOB Job, de mille tourments atteint, Vous rendra sa douleur connue ; Et raisonnablement il craint Que vous n'en soyez point émue. Vous verrez sa misère nue : Il s'est lui-même ici dépeint ; Accoutumez-vous à la vue D'un homme qui souffre et se plaint. Bien qu'il eût d'extrêmes souffrances, On voit aller des patiences Plus loin que la sie
Alain BOSQUET (1918 - 1998) - A la Mémoire de ma Planète (éd. du Sagittaire, 1948)

Alain BOSQUET (1918 - 1998) - A la Mémoire de ma Planète (éd. du Sagittaire, 1948)

UN BONHEUR Un peu d'enfance qu'on insulte, trop de dédain dans chaque mot, au fond du coeur quelques oublis : de quand datait la fin du monde ? une planète autour du cou, un ciel malade sous la porte, un vieux poème qui se tait, une douleur qui se veut douce, toutes les choses très contentes et plus d'un être presque heureux, quelqu'un qui fra
Pierre BEARN (1902 - 2004) - Dialogues de mon Amour (éd. Seghers, 1956)

Pierre BEARN (1902 - 2004) - Dialogues de mon Amour (éd. Seghers, 1956)

I, PRINTEMPS Ta main s'est engagée dans ma main mais tu n'es plus derrière elle J'entraîne avec moi ton ombre et ton fantôme la fumée de notre incendie Je m'évade et tu n'es plus ma prisonnière Je triomphe et tu restes morte en ta négation Pourtant autour de nous tout est naissance.
Iwan GILKIN (1858 - 1924) - La Nuit (1897)

Iwan GILKIN (1858 - 1924) - La Nuit (1897)

LA CAPITALE L'énorme capitale est un fruit douloureux. Son écorce effondrée et ses pulpes trop mûres Teignent opulemment leurs riches pourritures D'ors verts, de violets, et de roux phosphorescents Lâchant un jus épais, douceâtre et cancéreux, Ses spongieuses chairs fondent sous les morsures, Et ses poisons pensifs font germer les luxures E
Claire GOLL (1890 - 1977) - Les Larmes pétrifiées (éd. Seghers, 1951)

Claire GOLL (1890 - 1977) - Les Larmes pétrifiées (éd. Seghers, 1951)

PRESSENTIMENT La nuit de notre amour est courte Comme une nuit de luciole Ou de Saint-Jean Ton coeur transfiguré Aura brûlé sur la montagne Il brûlera longtemps Dans la mémoire des vallées Mais déjà le cri du ramier L'aube qui détruit les théâtres A midi ta carcasse d'or Sera visitée des fourmis.
Paul VERLAINE (1844 - 1896) - Poèmes Saturniens (1866)

Paul VERLAINE (1844 - 1896) - Poèmes Saturniens (1866)

CHANSON D'AUTOMNE Les sanglots longs Des violons De l'automne Blessent mon coeur D'une langueur Monotone. Tout suffoquant Et blême, quand Sonne l'heure, Je me souviens Des jours anciens Et je pleure ; Et je m'en vais Au vent mauvais Qui m'emporte Deçà, delà, Pareil à la Feuille morte.
Charles BAUDELAIRE (1821 - 1867)

Charles BAUDELAIRE (1821 - 1867)

L'INVITATION AU VOYAGE Mon enfant, ma soeur, Songe à la douceur D'aller là-bas vivre ensemble ! Aimer à loisir, Aimer et mourir Au pays qui te ressemble ! Les soleils mouillés De ces ciels brouillés Pour mon esprit ont les charmes Si mystérieux De tes traîtres yeux, Brillant à travers leurs larmes. Là, tout n'est qu'ordre et beauté Luxe,
Alfred JARRY (1873 - 1907) - Oeuvres poétiques complètes (éd. Gallimard, 1945)

Alfred JARRY (1873 - 1907) - Oeuvres poétiques complètes (éd. Gallimard, 1945)

LE BAIN DU ROI Rampant d'argent sur le champ de sinople, dragon Fluide, au soleil la Vistule se boursoufle. Or le roi de Pologne, ancien roi d'Aragon Se hâte vers son bain, très nu, puissant maroufle. Les pairs étaient douzaine : il est sans parangon. Son lard tremble à sa marche et la terre à son souffle ; Pour chacun de ses pas son orteil pa
Paul FORT (1872 - 1960) - Ballades Françaises (éd. Flammarion, 1963)

Paul FORT (1872 - 1960) - Ballades Françaises (éd. Flammarion, 1963)

LE CHAT BORGNE La femme est aux varechs, l'homme est à la Guyane Et la petite maison est seule tout le jour. Seule ? Mais à travers les persiennes vertes, on voit luire dans l'ombre comme une goutte de mer. Quand le bagne est à l'homme, la mer est à la fem me, et la petite maison au chat borgne tout le jour.
Tristan TZARA (1896 - 1963) - Indicateur des chemins de coeur (1963)

Tristan TZARA (1896 - 1963) - Indicateur des chemins de coeur (1963)

BIFURCATION je ne veux pas te quitter mon sourire est attaché à ton corps et le baiser de l'algue à la pierre à l'intérieur de mon âge je porte un enfant gai et bruyant il n'y a que toi qui saches le faire sortir du coquillage comme l'escargot avec de fines voix parmi l'herbe il y a les mains fraîches des fleurs qui se tendent vers moi mais
Arthur RIMBAUD (1854 - 1891) - Une saison en enfer (1873)

Arthur RIMBAUD (1854 - 1891) - Une saison en enfer (1873)

Elle est retrouvée ! Quoi ? l'éternité. C'est la mer mêlée Au soleil. Mon âme éternelle, Observe ton voeu Malgré la nuit seule Et le jour en feu. Donc tu te dégages Des humains suffrages, Des communs élans ! Tu voles selon... - Jamais l'espérance. Pas d' orietur. Silence et patience, Le supplice est sûr. Plus de lendemain, Braises de sa
Jules LEFEVRE-DEUMIER (1797 - 1857) -  Oeuvres d'un désoeuvré (1842 - éd. G. Brunet, 1924)

Jules LEFEVRE-DEUMIER (1797 - 1857) - Oeuvres d'un désoeuvré (1842 - éd. G. Brunet, 1924)

LA COLOMBE POIGNARDEE Il existe un oiseau, dont le pâle plumage, Des forêts du tropique étonne la gaieté ; Seul sur son arbre en deuil, les pleurs de son ramage Font gémir de la nuit le silence attristé. Le choeur ailé des airs, loin de lui rendre hommage, Insulte, en le fuyant, à sa fatalité ; Lui-même se fuirait, en voyant son image : P
Pierre BAOUR-LORMIAN - Poésies d'Ossian (1801)

Pierre BAOUR-LORMIAN - Poésies d'Ossian (1801)

INVOCATION A LA LUNE Ainsi qu'une jeune beauté Silencieuse et solitaire, Des flancs du nuage argenté La lune sort avec mystère. Fille aimable du ciel, à pas lents et sans bruit, Tu glisses dans le airs où brille ta couronne, Et ton passage s'environne Du cortège pompeux des soleils de la nuit. Que fais-tu loin de nous, lorsque l'aube blanchis
Louis MENARD (1822 - 1901) - Rêveries d'un païen mystique (1876)

Louis MENARD (1822 - 1901) - Rêveries d'un païen mystique (1876)

NIRVANA L'universel désir guette comme une proie Le troupeau des vivants ; tous viennent tour à tour A sa flamme brûler leurs ailes, comme, autour D'une lampe, l'essaim des phalènes tournoie. Heureux qui sans regret, sans espoir, sans amour, Tranquille et connaissant le fond de toute joie, Marche en paix dans la droite et véritable voie, Déda
Jean VENTURINI (1921 - 1940) - Outlines (1939)

Jean VENTURINI (1921 - 1940) - Outlines (1939)

SANG Dans mes veines ce n'est pas du sang qui coule, c'est l'eau, l'eau amère des océans houleux... Des bonaces, des jours pleins gonflent ma poitrine, préludes aux blancs vertiges des ouragans... Des poulpes étirent la soie crissante de leurs doigts et leurs yeux illunés clignotent par mes yeux... Des galions pourris d'or, des mâts, des épe
Jules ROMAINS (1855 - 1921) - Odes et Prières (éd. Gallimard)

Jules ROMAINS (1855 - 1921) - Odes et Prières (éd. Gallimard)

Je ne suis pas heureux Comme tant d'autres hommes, Ce soir, bien que mon âme Ait toute pureté Tandis que je rêvais A maintes infortunes, J'ai renversé ma lampe Et l'ai cassée en deux. Me voilà sans lumière, Les coudes sur la table, Dans une amère nuit Qui ne me connaît pas. Je regrette un village Au pied du Mont Mézenc : J'y fus heureux u