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La Poésie

La poésie est un moyen pour certains de se libérer d'un poids mais malheureusement peu de gens s'y intéresse. C'est grâce à tous ceux qui intéresse à la poésie qui la font vivre Nous avons aussi un page Facebook pour plus de visibilité.

Tags associés : poesie, citation, grand auteur

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464 posts

05/11/2018

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Articles récents de cette communauté

Paul VALERY (1871 - 1945) - Alphabet, 1924

Paul VALERY (1871 - 1945) - Alphabet, 1924

On se tait. Un silence ce à présent, fait de nous deux, se porte avec une lenteur chargée de charges invisibles, un poids écrasant de séparation, une masse d'amertume contractée, un bloc de tendresse toute prise dans sa profondeur, et plus dure que glace, - vers nul point du jardin, nulle préférence de fleur, ni de bel arbre, ni de lieu plu
Jean TARDIEU (1903 - 1995) - La part de l'ombre, 1937- 1967

Jean TARDIEU (1903 - 1995) - La part de l'ombre, 1937- 1967

UBIQUITE Obsédante montagne ! Moi-même en haut, libre dans le soleil, cherchant quelqu'un d'oublié ou d'absent. Moi-même en bas au bord du gouffre au même instant. Là-haut je vais je viens, je suis à tous les carre- fours de l'air. L'herbe est très verte et la buée tra- versée de lumière m'entoure des pieds à la tête. Gai, gai, je chan
José-Maria de HEREDIA (1842 - 1905) - Les Trophées, 1893

José-Maria de HEREDIA (1842 - 1905) - Les Trophées, 1893

LE LABOUREUR Le semoir, la charrue, un joug, des socs luisants, La herse, l'aiguillon et la faulx acérée Qui fauchait en un jour les épis d'une airée, Et la fourche qui tend la gerbe aux paysans ; Ces outils familiers, aujourd'hui trop pesants, Le vieux Parmis les voue à l'immortelle Rhée Par qui le germe éclot sous la terre sacrée. Pour lu
Antonin ARTAUD (1896 - 1948) - L'Art et la Mort, 1956

Antonin ARTAUD (1896 - 1948) - L'Art et la Mort, 1956

L'AMOUR SANS TRÊVE Ce triangle d'eau qui a soif cette route sans écriture Madame, et le signe de vos mâture sur cette mer où je me noie Les messages de vos cheveux le coup de fusil de vos lèvres cet orage qui m'enlève dans le sillage de vos yeux. Cette ombre enfin, sur le rivage où la vie fait trêve, et le vent, et l'horrible piétinement d
René CHAR (1907 - 1988) - Fureur et Mystère, 1962

René CHAR (1907 - 1988) - Fureur et Mystère, 1962

LE THOR Dans le sentier aux herbes engourdies où nous nous étonnions, enfants, que la nuit se risquât à passer, les guêpes n'allaient plus aux ronces et les oiseaux aux branches. L'air ouvrait aux hôtes de la matinée sa turbulente immensité. Ce n'étaient que filaments d'ailes, tentation de crier, voltige entre lumière et transparence. Le
Philippe JACCOTTET (1925 - ) - Poésies, 1945 - 1967

Philippe JACCOTTET (1925 - ) - Poésies, 1945 - 1967

LUNE A L'AUBE D'ETE Dans l'air de plus en plus clair scintille encore cette larme ou faible flamme dans du verre quand du sommeil des montagnes monte une vapeur dorée Demeure ainsi suspendue sur la balance de l'aube entre la braise promise et cette perle perdue
André VELTER  (1945 - ) - L'amour extrême et autres poèmes pour Chantal Mauduit, 2007

André VELTER (1945 - ) - L'amour extrême et autres poèmes pour Chantal Mauduit, 2007

JUSQU'OU Il y a sur la terre Plus d'une Auberge du Bout du Monde Où tu m'attends Pas d'abri sur les lointains Le vent me couvre Je ne sais ce qu'il emporte Jusqu'où faut-il donc que je marche Le jour en plein désert Le soir sur des feuilles mortes Si je m'arrête c'est là Que le souffle me manque Et le coeur aussi Tu es toute dans le suspens de
Pablo NERUDA (1904 - 1973) - Résidence sur la terre, 1972

Pablo NERUDA (1904 - 1973) - Résidence sur la terre, 1972

MALEDICTION je jure que de ta bouche de soif surgiront les pétales du pain, l'épi consacré, répandu. Maudits soient-ils, maudits, maudits ceux qui avec la hache et le serpent atteignirent ton sable terrestre, maudits ceux qui attendirent ce jour pour ouvrir la porte de la demeure au maure et au bandit : qu'avez-vous gagné ? Apportez, apportez
Gaston PUEL (1924 - 2013) - L'Incessant, l'incertain, 1987

Gaston PUEL (1924 - 2013) - L'Incessant, l'incertain, 1987

L'INCESSANT, l'INCERTAIN XIX Nous chantons, maladroits, incertains. La terre oeuvre sans répit, bouche d'ombre accordée : les graines lèvent, les arbres bruissent. Nous chantons de amours d'épervier, des ruptures tragi- ques, des douleurs échevelées. La terre gorgée de pluie vocalise avec l'herbe future, soupire avec nos morts dans les foss
Anne HEBERT (1916 - 2000) - Poèmes, 1960

Anne HEBERT (1916 - 2000) - Poèmes, 1960

NEIGE (in Mystères de la Parole) La neige nous met en rêve sur de vastes plaines, sans traces ni couleurs Veille mon coeur, la neige nous met en selle sur des coursiers d'écume Sonne l'enfance couronnée, la neige nous sacre en haute mer, plein songe, toutes voiles dehors La neige nous met en magie, blancheur étale, plumes gonflées où perce l
Richard ROGNET (1942 - ) - L'Epouse émiettée, 1977

Richard ROGNET (1942 - ) - L'Epouse émiettée, 1977

La pluie m'ouvre pour toi des perspectives de joies que les meilleurs souvenirs n'égaleront jamais. Sous les tuiles, un oiseau se permet le silence, tandis que toi, petite femme des fleurs peintes, tu concentres le temps dans un lieu d'Alsace que j'ignore. Il faudrait trop de poèmes vivants, trop de gousses, trop de salive, pour faire le tour des
Robert DESNOS (1900 - 1945) - Destinée arbitraire, 1944-1963

Robert DESNOS (1900 - 1945) - Destinée arbitraire, 1944-1963

BONJOUR, BONSOIR - Les Nuits Blanches Il est nuit sois la flamme Et la rougeur qui colore les nuages Bonjour Monsieur, Bonsoir Madame Vous ne paraissez pas votre âge Qu'importe si vos étreintes Font saigner les autres jumeaux Qu'importe si ta face est peinte si le givre brille aux rameaux De granit ou de marbre Votre âge paraîtra Et l'ombre des
Philippe JACCOTTET (1925 - ) - Poésies, 1945 - 1967

Philippe JACCOTTET (1925 - ) - Poésies, 1945 - 1967

OISEAUX, FLEURS et FRUITS Toute fleur n'est que de le nuit qui feint de s'être rapprochée Mais là d'où son parfum s'élève je ne puis espérer rentrer c'est pourquoi tant il me trouble et me fait si longtemps veiller devant cette porte fermée Toute couleur, toute vie naît d'où le regard s'arrête Ce monde n'est que la crête d'un invisible
Paul VALERY (1871 - 1945) - Charmes, 1922

Paul VALERY (1871 - 1945) - Charmes, 1922

LES PAS Tes pas, enfants de mon silence, Saintement, lentement placés, Vers le lit de ma vigilance Procèdent muets et glacés. Personne pure, ombre divine, Qu'ils sont doux, tes pas retenus ! Dieux...tous les dons que je devine Viennent à moi sur ces pieds nus ! Si, de tes lèvres avancées, Tu prépares pour l'apaiser, A l'habitant de mes pens
Jean-Aubert LORANGER (1896 - 1942) - Les Atmosphères, 1920

Jean-Aubert LORANGER (1896 - 1942) - Les Atmosphères, 1920

MOMENTS III L'horloge cogne sur le silence Et le cloue, par petits coups, A mon immobilité. Rien n'est plus de l'extérieur, Ici, que la nuit d'ailleurs, La nuit dans le corridor Où ma lampe allume L'espace ouvert d'une porte. Des pointes d'ombre persistent Attachées aux encoignures, On dirait des découpures D'une nuit encore plus vraie Que la
Jean FOLLAIN (1903 - 1971) Exister, 1969

Jean FOLLAIN (1903 - 1971) Exister, 1969

LES JARDINS S'épuiser à chercher le secret de la mort fait fuir le temps entre les plates-bandes des jardins qui frémissent dans leurs fruits rouges et dans leurs fleurs. L'on sent notre corps qui se ruine et pourtant sans trop de douleurs. L'on se penche pour ramasser quelque monnaie qui n'a plus cours cependant que s'entendent au loin des cris
SAINT-AMANT (1594 - 1661) - Seconde Partie des Oeuvres poétiques, 1643

SAINT-AMANT (1594 - 1661) - Seconde Partie des Oeuvres poétiques, 1643

L'HIVER DES ALPES Ces atomes de feu qui sur la Neige brillent, Ces étincelles d'or, d'azur et de cristal Dont l'Hiver, au Soleil, d'un lustre oriental Pare ses cheveux blancs que les vents éparpillent ; Ce beau Coton du Ciel, de quoi les monts s'habillent, Ce Pavé transparent fait du second Métal, Et cet air net et sain, propre à l'esprit vita
Geoges-Emmanuel CLANCIER  1914 - 1981) - Une voix, 1956

Geoges-Emmanuel CLANCIER 1914 - 1981) - Une voix, 1956

DANS NOS YEUX Dans nos yeux les bleuets s'ouvraient, Toutes les routes partaient de nos mains, Un cheval de feu noir derrière la haie luisait. Les seins d'une fille qui chantait sa peine, Qui chantait son corps de terre perdue, <les bras, les cheveux, le cœur d'une fille... Ses cuisses portaient un sauvage printemps.
Paul-Jean TOULET (1867 - 1920 - Les Contrerimes, 1921

Paul-Jean TOULET (1867 - 1920 - Les Contrerimes, 1921

LES CONTRERIMES XII L'hiver bat la vitre et le toit. Il fait bon dans ta chambre, A part cette sale odeur d'ambre Et de plaisir. Mais toi, Les roses naissent sur ta face Quand tu ris près du feu... Ce soir tu me diras adieu, Ombre, que l'ombre efface.
Alain BORNE (1915 - 1962) - Terre de l'été, 1946, 1978

Alain BORNE (1915 - 1962) - Terre de l'été, 1946, 1978

INTOLERABLE JOUR Intolérable jour. Changer le sang contre de l'eau. Les moissons crient le long des routes où la poussière taille ses aveuglants manteaux, chair répandue, pavots vifs des chars. Le soleil envolé tire l'eau de nos puits et les ruisseaux se taisent sous les joncs fascinés. Le désir est déjà dans la proie convoitée que la sue
Luc BERIMONT (1915 - 1983) - L'Herbe à tonnerre, 1958

Luc BERIMONT (1915 - 1983) - L'Herbe à tonnerre, 1958

LA NUIT D'AUBE Une rose a percé la pierre de la neige Une rose a percé la pierre de l'hiver Galopez dans le ciel, chevaux blancs des cortèges Une rose a percé la pierre de la neige. Une rose a tremblé sur la paille, à l'auberge L'ange au gantelet noir roule sous les sapins Une rose a tremblé, plus frileuse qu'un cierge La neige lacérait le
Jean-Claude RENARD (1922 - 2002) - Toutes les îles sont secrètes, 1984

Jean-Claude RENARD (1922 - 2002) - Toutes les îles sont secrètes, 1984

RITES IV L'aile pure parut sur la mer gelée : attirant le vent - les chevaux. Lui reprit le bâton de prière, marcha vers les domaines où fume le sang d'aigle et toucha l'herbe mythique. Les pluies eurent des fraîcheurs de pommes. Alors, entouré de cerfs, il dressa la pierre de magie.
Alexandre VOISARD (1930 - ) - Le Dire le faire, 1991

Alexandre VOISARD (1930 - ) - Le Dire le faire, 1991

Assieds-toi parmi les abeilles au pied du rempart de ronces écoute sangloter les étamines fais semblant de parler le langage du petit géranium on te fera crédit et tu pourras abuser impunément des étrangères qu'enivre la moindre odeur de menthe froissée loin des yeux loin du miel.
Jacques REDA (1929 - ) - La Tourne, 1976

Jacques REDA (1929 - ) - La Tourne, 1976

Ce que j'ai voulu c'est garder les mots de tout le monde ; Un passant parmi d'autres, puis : plus personne (sinon Ce bâton d'aveugle qui sonde au fond toute mémoire) Afin que chacun dise est-ce moi, oui, c'est moi qui parle - Mais avec ce léger décalage de la musique A jamais solitaire et distraite qui le traverse.
Henri MICHAUX (1899 - 1984) - Lointain Intérieur, 1938

Henri MICHAUX (1899 - 1984) - Lointain Intérieur, 1938

MON SANG Le bouillon de mon sang dans lequel je patauge Est mon chantre, ma laine, mes femmes. Il est sans croûte. Il s'enchante, il s'épand. Il m'emplit de vitres, de granits, de tessons. Il me déchire. Je vis dans les éclats. Dans la toux, dans l'atroce, dans la transe Il construit mes châteaux, Dans des toiles, dans des trames, dans des tac
Antonin ARTAUD (1896 - 1948) - Textes de la période surréaliste

Antonin ARTAUD (1896 - 1948) - Textes de la période surréaliste

VITRES DE SON Vitres de son où virent les astres, verres où cuisent les cerveaux, le ciel fourmillant d'impudeurs dévore la nudité des astres. Un lait bizarre et véhément fourmille au fond du firmament ; un escargot monte et dérange la placidité des nuages. Délices et rages, le ciel entier lance sur nous comme un nuage un tourbillon d'aile
Jean-Antoine DE BAÏF (1532 - 1589) - Amours de Méline, 1552

Jean-Antoine DE BAÏF (1532 - 1589) - Amours de Méline, 1552

AMOURS DE MELINE (I) Mets-moi dessus la mer d'où le soleil se lève Ou près du bord de l'onde où sa flamme s'éteint : Mets-moi au pays froid où sa chaleur n'atteint Ou sur les sablons cuits que son chaud rayon grève : Mets-moi en long ennui, mets-moi en joie brève, En franche liberté, en servage contraint : Sois que libre je sois ou prisonn
Pierre TORREILLES (1921 - 2005) - Les Dieux rompus, 1979

Pierre TORREILLES (1921 - 2005) - Les Dieux rompus, 1979

MOULINS FOUDROYES L'après-midi descend, d'apparence incertaine ; chaque pierre affermit ses murs. Bivouac des vents migrateurs, les toits ont disparu. Vers ces moulins énucléés le chemin ruisselant, lumière déconstruite, hisse la nuit ; d'une aube se souvient. Je dis qu'il est une parole entre les mots arrachés et laissés aux choses qui s'
Salah STETIE (1929 - 2020) - L'Etre poupée, 1983

Salah STETIE (1929 - 2020) - L'Etre poupée, 1983

LXXXVII Comme une rose et son dessèchement La poésie appelle les nuages Avec la croix des lampes les plus seules Qui brille au fond des amandiers très blancs La poésie appelle puis appelle Une fillette agnelle par l'esprit Et qui s'en va songe d'argenterie Astrale aussi par la fourche du sang
Joë BOUSQUET (1897 - 1950) - La Connaissance du soir, 1945,1947

Joë BOUSQUET (1897 - 1950) - La Connaissance du soir, 1945,1947

LA NUIT MÛRIT En cherchant mon coeur dans le noir mes yeux cristal de ce que j'aime s'entourent de moi sans me voir Mais leur ténèbre est l'amour même où toute onde épousant sa nuit dans mes jours se forge un sourire Afin qu'aux traits où je le suis Sa transparence ait pour empire Mon corps en soi-même introduit
Alain BOSQUET (1918 - 1998) - Le Tourment de Dieu, 1965)

Alain BOSQUET (1918 - 1998) - Le Tourment de Dieu, 1965)

Je crie pour les enfants perdus. J'écris. Je crie pour la femme éventrée. J'écris. Je crie pour le soleil qu'on souille. J'écris. Je crie pour la ville qu'on brûle. J'écris. Je crie pour l'arbre assassiné. J'écris. Je crie pour le rêve sans fond. J'écris. Je crie pour la planète folle. J'écris de ne pouvoir crier.
Tristan CORBIERE - 1845 - 1875) - Les Amours jaunes, 1873

Tristan CORBIERE - 1845 - 1875) - Les Amours jaunes, 1873

Aumône au malandrin en chasse Mauvais oeil à l'oeil assassin ! Fer contre fer au spadassin ! - Mon âme n'est pas en état de grâce ! - Je suis le fou de Pampelune, J'ai peur du rire de la Lune, Cafarde, avec son crêpe noir... Horreur ! tout est donc sous un éteignoir. J'entends comme un bruit de crécelle... C'est la male heure qui m'appelle.
Charles d'ORLEANS (1394 - 1465) - Rondeaux

Charles d'ORLEANS (1394 - 1465) - Rondeaux

RONDEAU : LE TEMPS A LAISSE SON MANTEAU Le temps a laissé son manteau De vent, de froidure et de pluie, Et s'est vêtu de broderie, De soleil luisant, clair et beau. Il n'y a ni bête ni oiseau Qu'en son jargon ne chante ou crie : Le temps a laissé son manteau ! Rivière, fontaine ou ruisseau Portent, en livrée jolie, Gouttes d'argent d'orfèvre
Charles BAUDELAIRE (1821 - 1867) - Les Fleurs du Mal

Charles BAUDELAIRE (1821 - 1867) - Les Fleurs du Mal

XIV - L'HOMME ET LA MER Homme libre, toujours tu chériras la mer ! La mer est ton miroir ; tu contemples ton âme Dans le déroulement infini de sa lame, Et ton esprit n'est pas un gouffre moins amer. Tu te plais à plonger au sein de ton image ; Tu l'embrasses des yeux et des bras, et ton coeur Se distrait parfois de sa propre rumeur Au bruit de
Paul VALERY (1871 - 1945) - Album de vers anciens

Paul VALERY (1871 - 1945) - Album de vers anciens

FEERIE La lune mince verse une lueur sacrée, Toute une jupe d'un tissu d'argent léger, Sur les bases de marbre où vient l'Ombre songer Que suit d'un char de perle une gaze nacrée. Pour les cygnes soyeux qui frôlent les roseaux De carènes de plume à demi lumineuse, Elle effeuille infinie une rose neigeuse, Dont les pétales font des cercles s
Henri THOMAS (1912 - 1993) - Joueur surpris (1982, éd. Gallimard)

Henri THOMAS (1912 - 1993) - Joueur surpris (1982, éd. Gallimard)

LE FOSSILE CARACTERISTIQUE Je suis du temps où quelqu'un Appartenait à la terre, Dans l'obscurité des longues nuits Et des lentes aurores M'éveillait l'attraction des rêves, Mas j'étais lourd, aucune force N'aurait pu tirer ma charrue Jusqu'à l'étoile la plus proche.
Paul-Jean TOULET (1867 - 1920) - Les Contrerimes

Paul-Jean TOULET (1867 - 1920) - Les Contrerimes

L'IMMORTELLE... L'immortelle et l'oeillet de mer Qui pousse dans le sable, La pervenche trop périssable, Ou ce fenouil amer Qui craquait sous la dent des chèvres Ne vous en souvient-il. Ni de la brise au sel subtil Qui nous brûlait aux lèvres ?
René CHAR (1907 - 1988) - Le Nu perdu (1964 - 1975)

René CHAR (1907 - 1988) - Le Nu perdu (1964 - 1975)

D'UN MÊME LIEN Atome égaré, arbrisseau, Tu grandis, j'ai droit de parcours. A l'enseigne du pré qui boit, Peu instruits nous goûtions, enfants, De pures clartés matinales. L'amour qui prophétisa Convie le feu à tout reprendre. Ô fruit envolé de l'arable Ton futur est un autrefois. Tes ailes sont flammes défuntes, Leur morfil amère rosé
SULLY PRUDHOMME (René PRUDHOMME dit - 1839 - 1907) - Stances et Poèmes, 1865

SULLY PRUDHOMME (René PRUDHOMME dit - 1839 - 1907) - Stances et Poèmes, 1865

ICI-BAS Ici-bas tous les lilas meurent, Tous les chants des oiseaux sont courts ; Je rêve aux étés qui demeurent Toujours... Ici-bas les lèvres effleurent Sans rien laisser de leur velours ; Je rêve aux baisers qui demeurent Toujours... Ici-bas tous les hommes pleurent Leurs amitiés ou leurs amours ; Je rêve aux couples qui demeurent Toujour
Catulle MENDES (1841 - 1909) - La Grive des vignes, 1895

Catulle MENDES (1841 - 1909) - La Grive des vignes, 1895

LE POETE DOUTE SI LES JEUNES HOMMES ONT RAISON DE CHANGER D'AMOUR Au brin d'herbe qu'elle a quitté Songe la cigale infidèle ; Meilleur exemple, l'hirondelle N'a qu'un nid pour plus d'un été. Vaudras-tu la réalité Bonheur rêvé qui fait fi d'elle ? Au brin d'herbe qu'elle a quitté Songe la cigale infidèle. Pour fragile, hélas ! qu'ait ét
André BRETON (1896 - 1966) - Philippe SOUPAULT (1897 - 1990) - Les Champs Magnétiques

André BRETON (1896 - 1966) - Philippe SOUPAULT (1897 - 1990) - Les Champs Magnétiques

BULLETINS Les gaz incolores sont suspendus Deux mille trois cents scrupules Neige des sources Les sourires sont admis Ne donnez pas les promesses des matelots Les lions des pôles La mer la mer le sable naturel Le perroquet gris des parents pauvres Villégiature des océans 7 heures du soir La nuit du pays de rages Les finances le sel marin On ne v
Jean CAYROL (1911 - 2005) - Miroir de la Rédemption, 1944

Jean CAYROL (1911 - 2005) - Miroir de la Rédemption, 1944

ECRIT SUR LE MUR J'appartiens au silence à l'ombre de ma voix aux murs nus de la Foi au pain dur de la France J'appartiens au retour à la porte fermée Qui frappe dans la cour qui fredonne la paix ? L'aube nourrit la terre à la source du feu J'appartiens au ciel bleu qui souffre sur la pierre.
Jean BRETON (1930 - 2006) - Chair et Soleil, 1960

Jean BRETON (1930 - 2006) - Chair et Soleil, 1960

ELLE Elle montrait ses poings au soleil Elle égratignait l'eau de ses ongles Elle frappait sur le dos du vent Elle était grande comme une insulte et son corps ployait dans le vide De noms imaginaires aussi doux que le cidre en vain l'ai-je appelée ma ville brune et mon audience, mon patrimoine mis à sac par une rosée en colère. Mon coeur trem
Stéphane MALLARME (1842 - 1898) - Poésies, 1899

Stéphane MALLARME (1842 - 1898) - Poésies, 1899

RONDELS (I) Rien au réveil que vous n'ayez Envisagé de quelque moue Pire si le rire secoue Votre aile sur les oreillers Indifféremment sommeillez Sans crainte qu'une haleine avoue Rien au réveil que vous n'ayez Envisagé de quelque moue Tous les rêves émerveillés Quand cette beauté les déjoue Ne produisent fleur sur la joue Dans l'oeil dia
Gisèle PRASSINOS (1920 - 2015) - La Vie la voix, 1971

Gisèle PRASSINOS (1920 - 2015) - La Vie la voix, 1971

COMMENT PRODUIRE DU TEMPS Je t'attendrai sur les genoux de la mer incalculables faits évènements fragiles et stables de toujours se refaire. Je t'attendrai liquide encore humaine non point dans le temps de l'esprit - ô métronome qui dès l'espérance s'aiguise pour nos déchirures - mais dans les arrêts du vent dans le reflet des branches pét
Paul ELUARD (1895 - 1952) - la Vie immédiate, 1932

Paul ELUARD (1895 - 1952) - la Vie immédiate, 1932

BELLE ET RESSEMBLANTE Un visage à la fin du jour Un berceau dans les feuilles mortes du jour Un bouquet de pluie nue Tout soleil caché Toute source des sources au fond de l'eau Tout miroir des miroirs brisé Un visage dans les balances du silence Un caillou parmi d'autres cailloux Pour les frondes des dernières lueurs du jour Un visage semblable
Paul VALERY (1871 - 1945) - Album de vers anciens

Paul VALERY (1871 - 1945) - Album de vers anciens

AU BOIS DORMANT La princesse, dans un palais de rose pure, Sous les murmures, sous la mobile ombre dort, Et de corail ébauche une parole obscure Quand les oiseaux perdus mordent ses bagues d'or. Elle n'écoute ni les gouttes, dans leurs chutes, Tinter d'un siècle vide au lointain le trésor, Ni, sur la forêt vague, un vent fondu de flûtes Déch
Louis-Xavier de RICARD (1843 - 1911) - Ciel, rue et foyer, 1866

Louis-Xavier de RICARD (1843 - 1911) - Ciel, rue et foyer, 1866

LES PAPILLONS Quelques feuilles, guirlande verte, Environnent de leur émail Cette jeune rose entrouverte, Petite coupe de corail. Ses pétales aux teintes blondes, Dont la nacre rose pâlit, Se frisent et semblent les ondes Du frais parfum qui la remplit. Vois-tu, soulevant de son aile Un nuage de tourbillons, Volet et tourner autour d'elle L'essa
Jules BRETON (1827 - 1906) - Les Champs et la mer, 1875

Jules BRETON (1827 - 1906) - Les Champs et la mer, 1875

NOCTURNE La nuit se mêle encore à de vagues pâleurs ; L'étoile naît, jetant son reflet qui se brouille Dans la mare dormante où croupit la grenouille. Les champs, les bois n'ont plus ni formes, ni couleurs. Leurs calices fermés, s'assoupissent les fleurs. Entrevue à travers le brouillard qui la mouille, La faucille du ciel fond sa corne et
Albert MERAT (1840 - 1909) - Les Chimères, 1866

Albert MERAT (1840 - 1909) - Les Chimères, 1866

LE CARREAU Derrière l'épaisseur lucide du carreau Un paysage grêle, une miniature, Fait voir chaque détail plus petit que nature Et tient entre les quatre arêtes du barreau. Ce transparent posé d'aplomb sur le tableau Montre un ciel triste encore et d'une couleur dure, Des gens qui vont, les champs, les arbres en bordure, Et les flaques de pl
Claude VIGEE (1921 - ) - Le Soleil sous la mer, 1972

Claude VIGEE (1921 - ) - Le Soleil sous la mer, 1972

DESTIN DU POETE C'est toujours quelqu'un d'autre le Toi silencieux qui se parle en moi-même. Parfois je m'arrache à l'écoute qui est prière et je chante en son nom dans la langue empruntée à la bouche des morts. Pour lui en moi, pour lui, qui déjà me traduit dans la gorge d'autrui. _____________________________ Quel monde célébrer, langue
Charles CROS (1842 - 1888) - Le coffret de santal (1873)

Charles CROS (1842 - 1888) - Le coffret de santal (1873)

PASSE Elle s'est endormie un soir, croisant ses bras, Ses bras souples et blancs sur sa poitrine frêle, Et fermant pour toujours ses yeux clairs, déjà las De regarder ce monde, exil trop lourd pour Elle. Elle vivait de fleurs, de rêves, d'idéal, Ame, incarnation de la Ville éternelle. Lentement étouffée, et d'un semblable mal, La splendeur
Victor SEGALEN (1878 - 1919) - Stèles, 1912

Victor SEGALEN (1878 - 1919) - Stèles, 1912

LES TROIS HYMNES PRIMITIFS Les Lacs Les lacs dans leurs paumes rondes noient le visage du ciel ; J'ai tourné la sphère pour observer le ciel. Les lacs, frappés d'échos fraternels en nom- bre douze : J'ai fondu les douze cloches qui fixent les tons musicaux. Lac mouvant, firmament liquide à l'envers, cloche musi- cale, Que l'homme recevant mes
Blaise CENDRARS (1887 - 1961) - Dix-neuf poèmes élastiques

Blaise CENDRARS (1887 - 1961) - Dix-neuf poèmes élastiques

AUX 5 COINS Oser et faire du bruit Tout est couleur mouvement explosion lumière La vie fleurit aux fenêtres du soleil Qui se fond dans ma bouche Je suis mûr Et je tombe translucide dans la rue Tu parles, mon vieux Je ne sais pas ouvrir les yeux ? Bouche d'or La poésie est en jeu
Jacques PREVERT (1900 - 1977) - Spectacle, 1951

Jacques PREVERT (1900 - 1977) - Spectacle, 1951

LES ENFANTS QUI S'AIMENT Les enfants qui s'aiment s'embrassent debout Contre les portes de la nuit Et les passants qui passent les désignent du doigt Mais les enfants qui s'aiment Ne sont là pour personne Et c'est seulement leur ombre Qui tremble dans la nuit Excitant la rage des passants Leur rage leur mépris leurs rires et leur envie Les enfan
Tristan DEREME (1889 - 1948) - La verdure dorée

Tristan DEREME (1889 - 1948) - La verdure dorée

LA VERDURE DOREE XCVII Six heures tombent de l'horloge Comme six noix dans un chaudron Déjà le soir triste grelotte Sous un lourd nuage marron. Elle, naguère sous le saule A cette heure elle souriait... Faudra-t-il que je me console De son doux regard inquiet ? Roses chaudes de sa jeunesse, Hélas ! j'e, ai mal à mourir. Comme un colibri dans l
Francis CARCO (1886 - 1958) - La Bohème et mon coeur

Francis CARCO (1886 - 1958) - La Bohème et mon coeur

L'EVENTAIL DE MARIE LAURENCIN Dans ce miroir incliné sur le lit, Je vois ton corps pesant, tes belles jambes... Le jour douteux répandu dans la chambre Luit sourdement, partout, comme un halo. Partout aussi c'est un parfum canaille, C'est des frissons mêlés à des reflets Que le miroir accueille et multiplie Pour les jeter ensemble, pêle-mêle
Paul-Jean TOULET (1867 - 1920) - Les Contrerimes, 1921

Paul-Jean TOULET (1867 - 1920) - Les Contrerimes, 1921

CONTRERIMES XII L'hiver bat la vitre et le toit. Il fait bon dans la chambre, A part cette sale odeur d'ambre Et de plaisir. Mais toi, Les roses naissent sur ta face Quand tu ris près du feu... Ce soir tu me diras adieu, Ombre, que l'ombre efface.