La psychologie des contes de fées
Bruno Bettelheim a édité en 1976 un livre resté célèbre dans la sphère de la psychologie enfantine : "la psychanalyse des contes de fées". Référence sans rivale dans le domaine, le livre développe une théorie explicite sur l'utilité des contes de fées dans la croissance mentale enfantine.
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L'utilité des contes de fées
L'idée de ce livre était de prouver l'utilité voire la nécessité de lire des contes de fées aux enfants afin de les aider à trouver des repères symboliques et à vaincre les difficultés de l'adaptation à la vie sociale et ainsi les aider à devenir de futurs adultes épanouis. La structure, le vocabulaire et la rhétorique du conte de fées appartiennent à un domaine à part dans la littérature, nous sommes, en effet, dans ces textes, plus près du rituel, de la formule magique, bref, d'un langage codé extrêmement symbolique que les enfants vont immédiatement décoder et interpréter. L'ogre, la fée et la sorcière sont immédiatement appréhendés par les enfants comme des figures proches de leur univers. Ces personnages symboliques, d'après Bettelheim, seraient donc des symboles référents créés pour aider l'enfant à mettre des mots sur les évènements qui structurent sa vie et, par leur existence virtuelle, à trouver un moyen de contrôle sur celle-ci ou tout au moins, un moyen d'expression de ses problématiques compliquées. Les personnages de conte de fées présentent en effet des caractères simples et exagérés qui permettent une expression facile de phénomènes vécus très difficiles à exprimer.
Le danger des contes de fées
Mais la théorie de Bettelheim ne considère pas suffisamment l'émotion ressentie par l'enfant. Le conte de fées est, en effet, un moyen pratique de communiquer de grandes vérités sociales à l'enfant, mais sans nuance et sans échappatoire. Le petit chaperon rouge termine sa courte vie dans l'estomac du loup. Le conte ne laisse aucune place à l'illusion ou à l'espoir et encore moins à la créativité de l'enfant. Il enferme l'enfant dans un rôle passif et en fait en quelque sorte une victime du conte de fées.
Une solution créative
En conséquence, seul le lecteur adulte pourra donner à l'enfant qui l'écoute la liberté d'imaginer une fin plus ou moins optimiste au conte. C'est donc à l'adulte de savoir effacer les directives intraitables de l'auteur et de donner à l'enfant la parole à la fin de l'histoire. Cette liberté d'imagination par la parole permettra alors à l'enfant de prendre un rôle actif dans le récit et de s'approprier une histoire qu'il personnalisera et qui deviendra alors symboliquement bien plus effective. Par cette passation du pouvoir récitatif, l'enfant pourra donc bénéficier de l'utilité du conte de fées.
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