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Pierre Thiollière

Pierre Thiollière

Poète public. Spécialiste de poésie espagnole du vingtième siècle. Militant du Parti de Gauche.

Ses blogs

Le blog dePierre Thiollière

Un blog qui parle de liberté, d'amour et de création, un blog de citoyen et d'écrivain
Pierre Thiollière Pierre Thiollière
Articles : 327
Depuis : 07/02/2012
Categorie : Mode, Art & Design

Articles à découvrir

Zengakuren

Kikué, ma chérie, te souviens-tu ? oui je sais bien que tu n’es plus là, il y a longtemps que tu t’es tue. veux-tu pourtant partager ce plat ? viens, goûte ce riz et ce poisson. pendant ce temps nous échangerons des souvenirs. quand je t’ai vue la première fois vous aviez toutes un casque rose, toutes mais je ne voyais que toi. tu avais

Bokassa ! ah ! ah ! ah !

Bobangui. près de la forêt ta mère pousse un cri. tu nais. les lions te saluent, les serpents, les calaos, les éléphants. bel enfant couleur caramel tu cries toi aussi, jean-bedel. ton père, mindogon, rebelle contre la violence brutale de la puissance coloniale, - c’est pitié, pauvre jean-bedel ! – tu as six ans quand on l’arrête. les

Ma bonne amie la fleur…

Ma bonne amie la fleur me sourit sous le ciel. elle aguiche mon cœur et veut m’offrir son miel. et moi petite abeille aux épaules du vent je vais de fleur en fleur et bourdonne en chantant. bien chargée de pollen je rejoindrai la ruche et près de la maison je boirai à la cruche avant de repartir pour une autre moisson tant que dure l’été

L’avare

L’avare est un soleil qui retient ses rayons, un nuage chagrin qui refuse sa pluie, un parfum replié dans le vent qui s’enfuit, un arbre rabougri qui bride ses bourgeons, la hargne d’une ronce où s’assèchent les mûres, une fleur refermée qui écarte l’abeille, qui jamais ne voudra devenir fruit vermeil, une source tarie qui n’a plu

Le bal des envieux

C’était un vieux marabout qui déployait ses ailes. l’oiseau se tenait debout, les yeux levés au ciel. il prêchait contre l’envie, ce péché capital, contre la pulsion de vie qui conduisait au mal. « oh vous, bêtes pécheresses, repentez-vous bien vite ! voyons, passez à confesse, le ciel vous y invite. » « j’ai envie, dit la greno

Il est mort le poète

Pour bernard bienaimé il pouvait aboyer comme un grand épagneul, accabler de son rire un poème trop froid. sans doute secoue-t-il, rageur, le grand linceul qui gêne ses élans et l’envol de sa voix. il trônait, débonnaire, assis sous un tilleul. les muses, disait-on, l’avaient choisi pour roi. il rimait des chansons comprises de lui seul

Songe forestier

Je rêve que je suis couché dans la forêt et que le vent s’enfuit par-delà les marais. dans la clairière danse la tribu des lapins sous le couvert immense sévère des sapins. une odeur de résine chauffée par le soleil court dans les aubépines et la salsepareille. on entend le grelot, le rire cristallin, du petit filet d’eau qui se moque

L’hiver qui vient

Le sapin somnolait sous le poids de la neige, une dernière sève endormie sur le tronc. il rêvait de l’été et de son soleil blond. ses épines tremblaient dans le jour qui s’abrège. où sont donc les loups gris qui passent quelquefois ? où sont les lapins blancs et leurs joyeuses courses ? bientôt dans le ciel noir montera la grande ours

La cigale et la fourmi (suite)

La cigale ayant souffert tout l’hiver fut sauvée par des copains qui partagèrent leur pain, la chaleur de leur maison, leurs rires et leurs chansons. lorsque l’été fut venu elle chantait dans les rues. un producteur de télé se trouva fort emballé par les chants de la cigale. montée à la capitale, ses chansons marchaient très fort. ell

L’orgueil

Monseigneur cardinal, qu’es-tu donc devenu ? que vaut la soie, à quoi sert l’or dans ton cercueil ? l’ombre et le ver riront bientôt de ton orgueil et rongeront sous la dentelle ton corps nu. monsieur le président, comme tu étais fier, dressé sur tes ergots, vieux coq en talonnettes. tu étais un escroc qui se disait honnête. ton âme