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l'âge des casernes - récit d'un service militaire

Un témoignage sur un rite révolu : le service militaire. Expérience d'un appelé du contingent en 1995. Ce récit se déroule au 1er régiment d'infanterie de Sarrebourg où j'ai servi sous les drapeaux comme simple soldat. Je décris dans ce blog comment, entré dans un état d'esprit relativement anti-militariste au régiment, j'ai évolué pour finir par reconnaître l'apport humain de cette expérience
Chou-fleurHonnête8543704 Chou-fleurHonnête8543704
Articles : 75
Depuis : 24/06/2026
Categorie : Politique

Articles à découvrir

3. La sélection des musiciens

3. la sélection des musiciens

Réveil. d’une humeur sinistre, j’ouvre les yeux sur notre chambrée délabrée, nos petits lits de fer ; mon corps a froid sous la couverture sommaire. je m’extrais de mon lit à contrecœur. le caporal appelé nous salue gentiment, et nous indique en quelques mots quel sera le programme de la journée. sa courtoisie, sa bonhomie presque mat
Avant-propos

Avant-propos

95 : une époque pas si éloignée. un quart de siècle dans le passé, à l’heure où j’écris ces lignes. un autre monde, cependant : pas encore de réseaux sociaux, peu de téléphones portables, mais les adolescents possèdent déjà des ordinateurs personnels, des voitures proposent les premiers gps, on commence à chanter du rap, le ridea
7. Le coiffeur

7. le coiffeur

Au début de l’après-midi, notre première visite est pour le coiffeur. son atelier se trouve à peu de dispense du foyer régimentaire, au premier étage. je m’attendais, pour continuer dans la même joyeuse ambiance, à être rudement tondu dans quelque pièce austère où de vigoureux sergents nous mettraient la boule à zéro en quelques s
4. Yannick, première rencontre

4. yannick, première rencontre

J’attends la fin de l’appel, debout, sur la même ligne que les autres appelés du contingent qui doivent affectés également à sarrebourg. mon sac est posé à côté de moi. nous sommes sur la place d’armes, face à des bâtiments bas. sous nos pieds, le béton est par endroits creusé de larges fissures. le temps est modérément frais.
5. L'arrivée : les murs

5. l'arrivée : les murs

Il est neuf heures du matin. le bus n’est plus sur la nationale 4 : il a emprunté une bretelle de sortie. c’est un mauvais signe, ça, me dis-je. c’est l’indice que nous nous rapprochons dangereusement du but, de ce but qui m’inspire des craintes qui me semblent aller bien au-delà des appréhensions normales d’un appelé d’un contin
9. L'aspirant médecin

9. l'aspirant médecin

Je quitte le régiment dans l’après-midi, toujours habillé en survêtements, frileusement installé avec quelques camarades sur le plateau d’un vieux camion berliet émettant, au ralenti, un sourd gargouillis, qui se transforme en vacarme infernal dès qu’il roule. nous allons à l’infirmerie pour les examens d’usage. peu éloigné du r
1. Auparavant : les trois jours

1. auparavant : les trois jours

L’année précédente, j’étais encore dans un autre monde. celui de l’université de lettres et sciences humaines de nancy ii, et plus précisément de l’unité de formation et de recherche « connaissance de l’homme » (quelle appellation prétentieuse !), section psychologie. je mettais la dernière main à un mémoire de maîtrise de
8. Perception du paquetage

8. perception du paquetage

« il faut prendre garde de ne pas réduire la prérogative des chefs d’armée, comme le fit (…) un ministre (…) qui pénétré de la dignité du citoyen militaire, prescrivit aux officiers et aux sous-officiers de ne pas tutoyer leurs hommes, sans s’apercevoir que le mépris de l’inférieur est un grand principe d’émulation et le fond
2. Arrivée à Metz

2. arrivée à metz

…metz. le matin du jour prévu, arrivé là où la feuille de route me l’a indiqué. la petite voiture s’éloigne. je franchis le portail de ce régiment de génie où je crois alors que je vais passer dix mois. je ne vois que des bâtiments bas, des grilles, un peu de barbelés, un territoire marqué de périmètres interdits, de lignes de d
6. Un doux accueil

6. un doux accueil

« il est difficile qu’un homme de vingt ans gagne au séjour des casernes ; quand il ne s’y corrompt pas, il s’y déteste » proudhon, la propriété l’un après l’autre, nous descendons du car, piétinant sur place sans trop savoir ce que nous devons faire, restant à proximité du véhicule comme s’il pouvait constituer une protectio