Margot de Groot van Embden
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Margot de Groot van Embden
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Parce qu’elle aspire à une certaine objectivité et craint d’être taxée de manquer de scientificité, l’écriture sociologique est souvent complexée du « je » ou du moins, ne permet pas tout à fait au sociologue de faire part de ses émotions, de partager des réflexions qui ne seraient pas soutenues par une preuve extérieure tangible, chiffrée ou enregistrée. Du coup, j’ai choisi de faire de ce blog mon petit espace de liberté : un lieu où je m’efforce toujours de comprendre et d’analyser la société chinoise, mais sans extraire ce travail de la banalité de mon quotidien. Sans essayer de prétendre avoir plus que mes deux yeux pour regarder la réalité qui m’entoure et me questionne en permanence. Ni journal intime, ni succession d'articles académiques, voyez y plutôt une une « échappée belle » de l’analyse scientifique. Parce que de simples et banales observations, des impressions spontanées et des descriptions d’expériences triviales visent parfois beaucoup plus juste que la formalisation et la conceptualisation des mots. Ainsi; arriverais-je peut-être à rendre compte de ce que l'on regroupe un peu confusément sous l'adjectif « chinois ». Car dans un si vaste pays, aujourd’hui bien plus hétérogène et contrasté que beaucoup de gens ne se l'imagine, n’est-il pas totalement dénué de sens de l’employer? A quoi renvoie-t-il et quelle est l’unité de cette société de plus d’un milliard d’habitants ? Je ne sais pas et pourtant, j’ai comme le sentiment qu'un « quelque chose » de véritablement chinois demeure. Certains évoquent une philosophie, d'autres une culture ou un héritage historique. Pour ma part, il me semble qu’il s’agisse plutôt d’un environnement social, voir même seulement d’une « atmosphère » partagée. C'est cette atmosphère si particulière qui me traverse chaque fois que je repose à nouveau le pied en territoire sinisant et qui me laisse éprouver ce « typiquement chinois », sorte d’ensemble inconceptualisable de mentalités, comportements et attitudes.
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22/09/2015
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Lifestyle
Articles à découvrir
J’aurais souhaité reprendre ce blog en lui donnant une forme un peu plus organisée, proposer dorénavant un compte-rendu un peu régulier et descriptif de mon quotidien, mes premières impressions sur le vif depuis mon retour à pékin. mais une fois de plus, je me suis laissée absorbée par le rythme environnant où comme je le décris dans l
The market of chinese instant noodles : new big mac index for china?
Pour la troisième année consécutive, me voilà sur les routes en pleine période du nouvel an. et comme chaque année, je transite en même temps que des centaines de millions de chinois, dont beaucoup font à cette occasion, leur unique voyage de l’année à travers la chine pour passer les fêtes en famille. je retrouve avec amusement le tum
De la difficulté d'exister en tant que nuqiangren (女强人: une femme forte et ambitieuse)
En chine, une expression populaire dit qu’il existe trois types de personnes : « les hommes, les femmes et les femmes doctorantes ». si c’est avec un demi-rire qu’une étudiante du campus m’apprit cette formule lors de mon enquête de terrain à nankin en 2015, j’ai depuis peu à peu découvert le poids réel des normes sociales dans le
« aller venez, milord, vous asseoir à ma table, il fait si froid dehors, iciii c’est confortable ! ». avec le froid glacial de l’hiver pékinois qui commence doucement à se faire sentir, les paroles d’edith piaf s'accordent parfaitement, tout en me donnant l'occasion de fredonner nostalgiquement un peu de chanson française. et cette « c
Plus je passe du temps en chine, plus la nécessité d'introduire des concepts sociologiques nouveaux pour en décrire ses phénomènes sociaux me paraît important. si les nuances notionnelles des concepts développés par les sociologues de la chine peuvent sembler anecdotiques, ou n'être qu'un produit dérivé de la compétition des chercheurs
Récemment, on m’a demandé quelle avait été mon expérience la plus mémorable à pékin. en général, ce genre de questions m’exaspère un peu, car les réponses qu’elles occasionnent spontanément sont souvent d’ordre anecdotique, ou ne font qu’évoquer des observations du sens commun. déstabilisée par la difficile simplicité de
A la vue de plusieurs banquettes vides en embarquant dans le train à siège dur (yingzuo, 硬座) qui me ramenait vers la "province" de shanghai, j'ai d'abord cru à une erreur. serais-je arrivée une heure en avance ? le wagon serait-il infecté d'une mauvaise odeur qui m'aurait échappé ? le gouvernement aurait-il mis des restrictions aux mouve
Aaah, le retour des petites joies de l'exploration urbaine ! il me semble qu’à chaque fois que la météo change, c’est une nouvelle ville qui se découvre un peu plus. ou bien est-ce moi qui deviendrait un peu plus aventureuse ? en tout cas, je raffole de ces petites trouvailles du quotidien, de la découverte de nouveaux quartiers se révél
« mei you shijian, mei you shijian » (« je n’est pas de temps, je n’ai pas de temps ») voilà ce que vous rétorquera sans doute l’étudiant chinois avec qui vous essayerez avec peine de partager un moment de discussion - ou une activité quelconque de loisir. jusqu’ici, j’interprétais cela comme une exagération de leur part, une ex
Enfin, le printemps émerge doucement et les fleurs commencent à surgir dans les quelques parcs et airs de végétation qui tavellent la capitale chinoise. certes, le rythme de la vie urbaine n'a rien perdu de son caractère frénétique et les citadins prenant le temps de la tête pour observer le ciel - parfois bleu - de pékin sont toujours une
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