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Léna Eyl

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Le blog de Léna Eyl

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Léna Eyl Léna Eyl
Articles : 21
Depuis : 10/09/2008
Categorie : Littérature, BD & Poésie

Articles à découvrir

La lettre (troisième partie)

Ainsi s'achevait la lettre de la morte. horreur confinant au sublime ; le petit esprit de madame loisel se débattait avec ce morceau de désespoir qui venait de lui tomber entre les mains. madame loisel s'en trouvait chavirée, elle n'avait jamais imaginé que cela fût possible. évidemment, elle avait lu quelques romans de gare, mais ils se term

Loto movie

Du plus loin que je me souvienne, la route a toujours fait partie de moi. lorsque j’étais enfant, je passais d’interminables heures, rongé par l’ennui, assis devant la station service de mes parents, à contempler la nationale tendue toute droite au milieu de la solitude poussiéreuse de la plaine, comme un fil qui s’étire infiniment ent

Les dessous d'une marquise

1 - aristocratie psychanalytique : dix heures du matin. début de journée difficile. plouf ! un sucre tombe dans le thé… et puis non, il n’aurait pas fallu de sucre, mauvais pour la ligne. ding-dong, la magistrale pendule du salon de réception sonne la demie… lenteur aristocratique oblige, rythme pervers du temps qui s’inverse dans les r

Eaux dormantes

Tous les matins, elle regarde au fond de moi, elle se perd dans la contemplation attentive de je ne sais quoi. son œil concentré suit un objet imaginaire, comme s’il était gravé sur ma surface froide et lisse. je suis un vaste océan où viennent naviguer les points jumeaux de ses noires pupilles. je suis l’horizon aux confins duquel, rêve

Voyelles

« a » rouge, accroche-cœur incandescent entortillé aux pals des chaires de l’enfer eros meurtri par les doigts turpides de thanatos, incarnat pulvérisé en son lit d’agonie, maladives corolles, fleurs malignes corrompues par les crachats de paludéennes cachexies, « a » l’échafaud, costumé de sanguines résilles, bourreau broyant de

Le réfugié

« nul n’a jamais rien vu de sacré dans la nudité abstraite d’un être humain. » hannah arendt le mot « liberté » pourrait tout aussi bien ne pas exister, dans le pays d’où je viens. il devrait ne pas exister, être banni tout bonnement de la langue, comme ces auteurs subversifs, nocifs pour l’opinion ont été bannis des bibliothèq

La lettre (première partie)

4 juillet 1953. quinze heures sonnaient au clocher du pontifroy. la chaleur était étouffante dans ces rues encaissées de la vieille cité de metz. cela empestait les égouts, et la lumière, découragée, s'arrêtait au ras des toits. les ruelles condamnées à l'ombre, aux relents de friture stagnant à fleur de pavés, étaient désertes. seul

L'écume de la saint martin

Une écume blanche bat, morose, au roc froid de ton âme, halo moussant de neige, apothéose d’un solstice rutilant de glace, lorsque les tisons mourants n’ont plus qu’une poignée de cendres à offrir à ta carcasse nulle caresse, nul âtre chaud, seulement la geôle de ta solitude infâme. que viennent les équinoxes d’espérance revêtir

La lettre (seconde partie)

« j'ignore qui me trouvera, quand on me trouvera. c'est de toute façon sans importance. certains écrivent dans ce genre de circonstance qu'ils ont « choisi de mourir », qu'ils « se sont donné la mort ». ce n'est pas mon cas. ma mort, je l'ai rencontrée il y a longtemps, elle me mine, elle me ronge. je la subis depuis de nombreux mois et j'

Confutatis maledictis

Il y a une salle froide. très froide. quelques fleurs pâles se détachent, figées dans la glue des ténèbres. flottaison irréelle à la surface d’une ambiance cotonneuse de recueillement artificiel. les murs sont tendus d’étoffes sombres, bleues nuit aux reflets moirés, agitées d’ondulations hypnotiques sous les lueurs dansantes des b