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Mbougar

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Choses revues.

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La Littérature au lieu de la Vie.
Mbougar Mbougar
Articles : 282
Depuis : 26/12/2010
Categorie : Lifestyle

Articles à découvrir

Un appel

"J’ai appelé mes parents ce soir. -Tu as des problèmes ? a dit ma mère. -Non, tout va bien. -Vraiment ? -Vraiment. -Tu nous appelles comme ça ? -Oui. Pour prendre des nouvelles. -Anh, Latyr, c’est ça qui m’inquiète. Tu es sûr que tu vas bien ? Lorsque nous nous passons un appel vidéo, mes parents, côte-à-côte, tiennent l’appareil

Carnets littéraires (17)

Une fois le livre écrit, deux tentations se font jour et s’affrontent violemment en moi : celle du silence et celle du commentaire. La première -celle du silence- veut laisser l’œuvre s’en aller seule vers son destin, sans parole, sans explication, sans éclairage. C’est là la thèse de l’autonomie de l’œuvre. Cette autonomie a deu

Muses (3)

3 Ils ont traversé le centre et prennent maintenant, croit-elle comprendre, la direction d’un des faubourgs de la ville, sur la rive droite du fleuve. Depuis environ vingt minutes, c’est-à-dire depuis qu’Ataher a parlé de la connaissance qu’Adama avait de la poésie du pays, ils observent le silence ; un silence que seul Tahirou a brisé

Muses (4)

4 Aussitôt après qu’ils eurent mangé Tahirou avait dit qu’il se sentait fatigué par le voyage et souhaitait se reposer. Ousseïna avait alors appelé le domestique qui les avait accueillis au portail -un petit homme maigre, taciturne, flanqué d’un boitillement- et ce dernier était arrivé dans le salon précédé d’une odeur laborieus

Muses (2)

2 A l’aéroport, deux hommes viennent à leur rencontre dès qu’ils sortent du hall à bagages. Elle ne les connaît pas (sauf le nom de l’un d’eux, Ataher, qui devrait être là, mais elle ne sait pas à quoi ce dernier ressemble : elle ne l’a jamais vu et ne peut donc affirmer qu’il est l’un des deux hommes). Tahirou lui avait dit q

Livre solitaire

"...J’avais écrit le livre, mais le silence n’était pas venu de lui : il avait donc fallu repartir à sa recherche, encore parler, encore écrire, un livre, puis un suivant, et un autre, puis un énième, tous destinés à atteindre l’essentiel et ne réussissant pourtant chacun qu’à en sentir l’amer éloignement, l’impossible prése

Chaque homme dans sa nuit...

Chaque homme dans sa nuit s’en va vers sa lumière. J’ai beaucoup réfléchi à ce vers admirable de Hugo. Il sonne parfaitement, mais il ne nous dit rien de la lumière, sinon qu’elle est un but que les hommes cherchent à atteindre. Rien ne leur assure qu’ils l’atteindront ; rien même ne dit qu’elle existe. Et qu’elle se trouve vra

L'épigraphe et l'épitaphe du monde: écrire en plein basculement

Texte écrit et dit le 02 novembre 2019, lors de la nuit de clôture de la troisième édition des Ateliers de la pensée de Dakar. Les deux mots qui polarisent ces Ateliers, basculement et dévulnérabilisation, semblent esquisser l’idée d’une Crise, l’idée d’un moment - en se référant à une étymologie possible, médicale, du mot Cri

Muses (1)

1 Dans un avion, une jeune femme européenne, Anja, regarde fixement Tahirou, un vieil écrivain africain aveugle. Ce dernier dort depuis maintenant près de deux heures, d’un sommeil impénétrable comme une armure adamantine. Anja a toujours été fascinée par les gens comme lui, qui donnaient l’impression, pendant leur sommeil, de s’abstr

Muses (5)

5 Il se demandait encore la raison véritable de son retour. Sa mère était la seule personne, l’unique argument de ses derniers séjours ; mais maintenant qu’elle était morte et que plus rien ne l’obligeait à revenir dans ce pays qu’il avait appris à haïr, que faisait-il là ? Etait-ce pour les honneurs dont on l’allait couvrir ? Et