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D'un être au monde

D'un être au monde

Par les mots et les images, témoigner d'une rencontre sensible et complexe avec soi-même, autrui et le monde.
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Articles : 397
Depuis : 02/02/2009

Articles à découvrir

Intimes abondances / 3

Intimes abondances / 3

J’ai senti un doigt appuyer sur ma joue. La pièce n’avait pas bougé. Elle prenait des airs de cocon blanc, murs duveteux. Le regard de D. s’appuyait sur mon front, puis sautait à la fenêtre. J’ai vu ses lèvres hésiter à dire un mot. Elle me réveillait doucement. « J’ai rêvé de toi » lui ai-je dit. Le coin de sa bouche a esquis
Léonard Cohen est mort

Léonard Cohen est mort

Coup de silence au front. Tandis que la musique entre par mes deux oreilles. Résonne au centre de mon crâne, comme si le disque y tournait, là au milieu. À moins que Léonard… Comment est-ce possible? Sa voix est là, au beau centre de mon crâne. Des milliards de pensées s’éteignent, lucioles sombrant soudainement dans la nuit. Mon regar
Se coltiner la vie

Se coltiner la vie

Dans le corps, aucun indice pour révéler la fin de l’année. Un jour comme les autres. Je sens seulement la détente des vacances, et le calme de la ville contamine mon apaisement. Par la pensée, je sais que demain l’année sera morte, à tout jamais. Spontanément, je ne suis pas plus troublé. Si je m’y arrête un peu, je devine l’émo
Se taire

Se taire

Je crois bien que j’ai tu la voix la plus nécessaire. Celle qui avait le plus besoin de se dire s’est enfermée dans un secret. En sortant de l’anonymat, en prenant le risque de montrer le lien entre ce que je crée et ce que je suis, j’ai abandonné une partie de l’être. Difficile de laisser voir autant de fragilité, d’incapacité,
Le repos du guerrier

Le repos du guerrier

Labourer ce champ. Une obsession. Les sillons, encore et encore. La première pensée du matin, le dernier geste du soir. Évincer du corps tout autre mouvement. Œillères en place, cheval de traie, suivre la ligne, faire demi-tour, avancer, faire demi-tour, continuer coûte que coûte, les bords du champ sont invisibles. Il faut porter ce poids s
Intimes abondances / 1

Intimes abondances / 1

Table de bois. Fenêtre de verre. Je vois le lac du Bourget dans toute son étendue. Le soleil vient de disparaître. Première fois depuis très longtemps, que je pars ainsi. Dans les rues d'Aix, je suis tombé étourdi trois fois en quinze minutes. L'évidence d'un visage, d'une allure, le mystère. D. sait que j'en rajoute. Ce qui tremble au mil
Intimes abondances / 2

Intimes abondances / 2

Soir. Hôtel. Trop roulé mais chambre moins chère. 30 euros. J'ai encore un peu de peur dans les mains, celle de ces virages qui m'arrivaient dessus à toute allure, sautant de la nuit sur la route sans avertir. Sous les draps du lit, de la place pour presque n'importe quoi, un bout de viande juteux, une langue facile, deux peaux complices. Je ma
La liberté intérieure

La liberté intérieure

La façon que j’ai de me guider dans la vie semble déconcerter certaines personnes. On me perçoit comme trop à l’écoute de mes besoins, trop soucieux de respecter ce que je ressens, trop délicat avec ce corps, ses sensations, ses vertiges, ses signaux. On m’invite alors à essayer de me faire un peu violence, à ne pas respecter ce princ
Abandonner

Abandonner

Abandonner. Chez moi, c’est toujours par l’abandon que peut commencer la poésie. Il faut que j’abandonne la tourelle du phare, la veille qui tourne haut, la main qui tient la corde, le souci que je me fais. Je viens là pour quelque chose, et il me faut absolument oublier ce quelque chose pour qu’il survienne. De ce lieu où les heures ne
la vaste chanson

la vaste chanson

Ce sont les ciels indolents Eux seuls en ces jours distraits pointent de leur longs doigts bleus La poésie discrète de nature Et l'œil bien qu'ouvert ne suffit pas Si l'âme ailleurs porte son regard Si elle ne daigne d'un souffle large poser aux nues sa fragile attention Le cœur presque immobile alors reste muet Pauvre d'ignorer la vaste chans