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Pierre Thiollière

Pierre Thiollière

Poète public. Spécialiste de poésie espagnole du vingtième siècle. Militant du Parti de Gauche.

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Le blog dePierre Thiollière

Un blog qui parle de liberté, d'amour et de création, un blog de citoyen et d'écrivain
Pierre Thiollière Pierre Thiollière
Articles : 282
Depuis : 07/02/2012
Categorie : Mode, Art & Design

Articles à découvrir

Romancé de la Taverne

Dans le ciel noir tourne la Terre, si bleue, marbrée d’ocre et de blanc. Une île allonge son corps rouge entre l’Afrique et l’Océan. À la pointe nord une baie et ses palmes bercées de vent, son eau turquoise où des requins croisent comme de bons géants avec les tortues et les raies et les hommes qui vont nageant. Penchée sur la baie u

Paroles de Martin

I - Pourquoi nous marchons Cent ans déjà ! Un phare illuminait la nuit, signant la liberté pour des millions d’esclaves mais les pauvres pourtant et les opprimés savent que pour le peuple Noir aucun soleil ne luit. C’est pourquoi nous marchons jusqu’à la capitale pour qu’aux Noirs comme aux Blancs la vie soit garantie, que la grande pr

Mémoire de l’île

La chaleur de la baie où la palme dansait se dissout doucement dans la rêverie lasse. La mer où les requins et les tortues paissaient, quand le bateau filait au travers de la passe, berce encore sa houle au fond de ma mémoire. Cette fille aux yeux verts qui était ma compagne s’est endormie là-bas au lit de notre histoire comme est morte la

La fête

Tandis que le soir vient doucement sur le lac un galop de chevaux s’élance au long de l’eau. Aux mains des cavaliers des flammes s’effilochent comme des cheveux fous que libèrent les torches. Dans le mitan du lac est une barge sombre d’où jaillissent soudain les rires des fusées : des étoiles dans l’eau jouent à déchirer l’ombre.

J’écoute…

la rumeur des autos prises dans la glu de la route, les grands cris des supporters sur le terrain de foot, j’écoute… les ahans des bateliers dans l’effort de la joute, les gémissements d’esclaves qui montaient de la soute, j’écoute… la main furtive du chauve assurant sa moumoute, le craquement du pain frais quand il brise sa croûte,

Éphémère

Dans la forêt immense des hautes herbes, au gré du vent gai, tes ailes virevoltent. Pourras-tu échapper à l’oiseau acerbe, au pas de l’homme qui vient pour la récolte ? Volète, papillon, parmi les moissons, fleur agile joyeuse parmi les fleurs. Toutes ces couleurs, n’est-ce point déraison ? Si fragile et brillant n’as-tu donc point p

Brume dans la nuit

Qu’emporte donc ce corbillard si noir sous les pleurs de la lune pleine ? Le corps de Monsieur de Molière, en bière, suivi par une troupe en peine. Est-ce en malade imaginaire, mon frère, que tu es tombé de la scène ? Le jour, on te l’a interdit, maudit par les faux dévots qui commandent. Les acteurs entourent ta veuve. L’épreuve crisp

L’écluse

L’hiver s’en va. L’écluse rêve dans sa cage de fer mouillé. Des chants d’oiseaux mal éveillés montent de l’arbre où sourd la sève. L’écluse parle à l’eau nouvelle, fraîche encor de l’air vif des monts. Oh ! Comment, par-delà les ponts, gagner les forêts d’un coup d’aile ? Mais l’eau déjà pense à la mer où son d

L’école

L’école. Une maison dans un hameau perdu au bord des bois, là où disparaissaient les routes. L’hiver, on apportait chacun son casse-croûte réchauffé sur le poêle au vitrage fendu. Nous étions trente enfants, tous âges confondus. Quand parlait la maîtresse on était à l’écoute, sauf le cancre distrait qui ne comprenait goutte à la

Journaliste ?

Ah ! qui dira le rêve du correspondant qui se voyait déjà en gilet pare-balles sur la ligne de front, inquiet, serrant les dents, Nikon en mains, suivant ce conflit cannibale ? Mais il est juste là dans le froid de novembre, entre les croix fleuries de l’humble cimetière. Il écoute parmi les vieux qui se rassemblent Monsieur le Maire héler