"A force de me faire entendre dire que je devrais songer à en écrire un livre, un soir, j’ai rassemblé mes textes, les ai imprimés, reliés, et dès le lendemain, ils étaient envoyés à quelques maisons

Bonjour Zette,
OB/ Mon petit doigt m’a dit que tu avais plusieurs facettes : blogueuse, écrivaine, maman… Parle-nous un peu de toi et de ton livre :
Le petit doigt a toujours raison, mais je préfère l’ordre maman, écrivain, et blogueuse.
Je suis effectivement maman avant tout le reste puisque j’ai découvert l’écriture et Internet ensuite, et surtout après que le dernier tiers de ma tribu est né.
Quant à l’écriture, elle est longtemps restée consignée dans mes cahiers de textes au collège ou au lycée, parfois même sur les pages blanches des livres ou encore dernièrement au dos des tickets de caisse des clients…
C’est d’ailleurs là qu’est née l’idée de « Zette & The City », le livre.
Depuis l’intrusion d’Internet au sein de ma douce maisonnée, j’allume Marilion (mon portable à moi que j’ai) le matin, comme hier j’allumais la télé, une fois que mon trio et Copilote sont tous partis dans le monde réel, à l’école ou au taf.
A présent que je suis seule, j’ai la journée devant moi pour m’organiser et être tour à tour maman au foyer qui range les bols du petit déjeuner dans le lave-vaisselle ou fait le ménage, écrivain qui continue de sortir de sa mémoire de nouvelles histoires ou rouvre de temps en temps celle de son tiroir-caisse, et enfin blogueuse comme toutes les blogueuses, qui surfe sur la Toile de blogs en blogs, découvre, échange…
OB/ Ton livre « Zette & the city » est un ensemble de récits de ta vie d’hôtesse de caisse. Tu es la première du genre à écrire un livre sur ce sujet… Quelle est ton impression là-dessus ?
J’ai effectivement appris récemment ce statut de pionnière que je n’avais pas imaginé. Aujourd’hui, le milieu de l’édition est pourvu d’ouvrages en tous genre et à ma connaissance, aucun d’entre eux ne traite de ce métier qu’on a trop souvent méprisé.
Dans « Zette & The City », j’ai choisi dans un premier temps de rassembler quelques chroniques de ma vie d’hôtesse de caisse, mais pas uniquement. J’ai tenté de montrer qu’une hôtesse est aussi une femme capable de penser entre 2 codes-barres, d’avoir une vie tout à fait « normale » en dehors de son tapis roulant. Ainsi, d’actualité en anecdote, « Zette & The City » décline la vie d’une trentenaire, vue de sa caisse. C’est d’ailleurs le sous-titre de mon livre « D’une observatoire à tiroir. »
OB/ Suite au livre, le blog a vu le jour. De quoi y parles-tu ?
Pour remettre les choses dans leur contexte chronologique, les 2 se sont quasiment télescopés.
Seuls mes proches connaissaient mes textes, que je faisais circuler autour de moi, sur des feuilles volantes. Comme je travaillais encore à ce moment-là, mes collègues se sont mis à les lire et comme les nouvelles vont vite dans une grande surface, rapidement, les clients ainsi que la direction ont eu vent de ma passion pour l’écriture.
A force de me faire entendre dire que je devrais songer à en écrire un livre, un soir, j’ai rassemblé mes textes, les ai imprimés, reliés, et dès le lendemain, ils étaient envoyés à quelques maisons d’éditions. Copilote, mon mari, a été largement à l’origine de tout ça.
Comme j’étais déjà présente sur Internet en tant qu’administratrice et modératrice d’un site généraliste, j’ai choisi de « tester » le potentiel de lecture de quelques uns de mes textes en les mettant en ligne sur ce site dans un premier temps et un blog ensuite.
15 jours après, Manuscrit.com, (www.manuscrit.com) mon éditeur actuel, a accepté et validé mon livre.
J’ai décidé de me lancer dans cette nouvelle aventure, tout en continuant de bloguer, car l’addiction était déjà là !
OB/ Ton éditeur « Manuscrit » te permet de publier plusieurs textes sur ton blog. N’est-ce pas une concurrence à ton livre ?
J’avais le choix de garder quelques extraits de mes textes publiés dans le livre en libre lecture sur le blog, j’ai préféré ne pas le faire, puisque je continuais d’alimenter mon blog régulièrement.
Je n’y vois donc pas de concurrence à mon livre.
Il y a le livre, et le blog, je préfère ne pas amalgamer les 2. Tout comme il y a Zette & The City et Mélina LOUPIA…
Maintenant, il se peut que je sélectionne quelques textes qui sont actuellement sur mon blog pour le prochain livre… Ou pas !
OB/ Tu as dû entendre parler d’une autre caissière (caissierenofutur.over-blog.com) qui parle de sa vie derrière un tapis roulant sur son blog. Penses-tu que les caissières se révoltent et ouvrent les vannes pour dénoncer certaines choses ?
Je n’ai pas pu ignorer le blog d’Anna ni le buzz fulgurant. J’ai parcouru son blog et me suis effectivement souvent reconnue au travers de l’analyse sociologique très poussée qu’elle fait tant du milieu de la grande distribution que des clients qui fréquentent ce lieu.
Mais le contexte économique et la peur de dénoncer réellement l’envers du décor ne permet pas encore, je pense, aux hôtesses et hôtes de caisse de pouvoir se lâcher sur leurs conditions de travail.
Pourtant, il serait grand temps que certaines choses soient dites haut et fort.
Anna et moi avons pris le parti de mettre en lumière un peu de cet univers, chacune à sa façon, avec son expérience, son vécu et sa sensibilité, mais il faut modération garder, il y a bien pire métier que le nôtre, c’est pas non plus le bagne, la preuve, je sors un livre, elle explose son blog et passe à la télé ! J’ai connu des collègues qui ne s’en sont pas si bien « sorties », hélas, et personnellement, j’ai préféré quitter ma caisse.
OB/ On se reconnaît beaucoup dans certaines anecdotes de ton livre, en tant que client ou de ce qu’on voit chez les autres. Tu as encore beaucoup d’histoires à raconter à ce sujet ?
Pour être très drôle, j’ai des caisses et des caisses d’anecdotes à raconter. J’ai toujours aimé écrire ce que je vis, depuis toute petite. Certains aiment le dire, le chanter ou le jouer, je m’éclate à l’écrire. Il se trouve que mon métier et ma vie d’épouse et de mère représentent un vivier d’anecdotes, j’y puise dedans, tout simplement. Si j’avais plus de temps, je crois bien que j’écrirais d’avantage. Mais il est clair que mon tiroir-caisse recèle encore de petites perles… Chaque chariot ou client est différent du précédent ou du suivant. C’est dire s’il y a à raconter.
OB/ Tu as des projets pour d’autres livres il me semble, non ?
On s’autorise à pense, dans les milieux autorisés, que « Zette & The City » va bientôt avoir un petit frère. De toute façon, j’aime les grandes familles…
Merci beaucoup d’avoir répondu à nos questions ; bonne chance pour la suite de ta carrière.
Je vous retourne le compliment, des bizettes.
Autres interviews :
Du champagne dans ses Chocapics
Maud, jeune graphiste-illustratrice vous raconte les joies du travail, de "l'amûûûr" et de la région PACA en dessins. Petits bonheurs (et gros râteaux) de la vie de couple, galères de recherche d'emploi, tout y est !
www.melakarnets.com
Mélaka est une blogueuse de la première heure, elle a donc vu le phénomène des blogs prendre son essor et des "petits" blogueurs devenir des mastodontes du web. Venez en lire plus sur son parcours !
Friture sur la ligne
Présent au Festiblog, Elias s'impose en cette fin 2009 comme l'un des blogueurs BD les plus drôles de ces dernières années. Alors forcément, ses réponses à nos questions valent le détour ...
Maude, Journaliste en devenir
On ne naît pas journaliste, on le devient ! A 25 ans, diplômée de l’IUT de journalisme de Tours, Maude n'en est qu’à ses premiers pas. Son blog, créé il y a 3 ans, est un brouillon, un terrain d’expérimentation. Nous avons voulu en savoir plus sur elle, et sur son envie pour cette profession.
Mathias, l'illustrateur.
Mathias est un artiste, et ses chouettes caricatures, c'est sur son blog qu'il les fait connaitre. Alléchés par ses dessins (et par le fait qu'il cite Franquin et Hergé parmi ses influences), nous avons voulu en savoir plus sur le blogueur.