Nolwenn Leroy joue au chat...
Un air coquin, un univers enfantin, une voix de cristal... la chanteuse revient dans les bacs !
Par , le 05 Novembre 2009
Chaque année, vers la fin du mois de mai, une certaine partie de l’opinion s’émeut à propos du palmarès du dernier festival de Cannes. Les mêmes arguments reviennent, encore et encore, dont celui-ci : le jury cannois se ferait un malin plaisir de récompenser les films les plus ennuyeux afin de permettre au festival de conserver son image de festival élitiste.
Rappelons tout de même que Pulp fiction a obtenu la Palme d’Or, et que La vie est belle n’est pas passé loin…
En 2009, la victime de ces racontars et quolibets se nommait Michael Haneke, sacré pour Le ruban blanc. On a d’abord entendu que ce couronnement était joué d’avance à cause de la présence d’Isabelle Huppert à la tête du jury. Ce n’était que le début : avant même d’avoir vu les films, la France criait au scandale, fulminant à l’idée que ce brave Jacques Audiard se soit fait voler une Palme qui lui tendait les bras à cause d’une sombre histoire de copinage. Six mois après, cette idée continue de faire son chemin : les spectateurs continuent de défendre Un prophète, injustement devancé selon eux par Le ruban blanc.
(Copyright - Les films du Losange)
Outre le fait que d’autres réalisateurs auraient largement mérité la Palme, opposer ainsi Audiard et Haneke entraîne une interrogation récurrente chez les cinéphiles. Doit-on préférer le cinéma clé en main du français, qui répond consciencieusement aux questions posées, ou le style austère de l’autrichien, qui ouvre des pistes, sème le malaise, et laisse le spectateur de débrouiller avec ses doutes et ses intuitions ? Démarrant comme un film de genre (entre Le village et Le village des damnés), Le ruban blanc ne résoudra pas le mystère savamment introduit.
On en ressort frustré, pantois, avec sur le moment l’impression d’avoir perdu deux heures et demie de son temps. Sauf que, semaine après semaine, le film s’installe en vous, se déploie, révèle des secrets et en fait naître d’autres. Peut-on en dire de même pour ce Prophète extrêmement efficace, mais dont l’existence semble s’arrêter dès le générique de fin ?
Le ruban blanc n’est sans doute pas le meilleur film de son auteur – allez voir du côté de ses premiers longs, les perturbants Benny’s video et 71 fragments d’une chronologie du hasard -, mais c’est à coup sûr un film dont on reparlera dans dix ans ou dans cinquante, en le désignant peut-être comme un chef d’œuvre. Être éreinté aujourd’hui pour finir admiré demain : c’est l’étrange condition des grands artistes, et leur courage est admirable.
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